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Vendredi 5 février 2010 5 05 /02 /2010 12:45
Trop souvent, il en va des sujets de l’actualité comme des marionnettes de la comptine enfantine : 3 p’tits tours et puis s’en vont. Pour y remédier quelque peu, bref regard sur 3 faits d’actualité :
 

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- Ilhem Moussaïd, candidate et voilée. Révélée hier par le Figaro, voilà une information qui fait parler et couler beaucoup d’encre. Le porte-parole du NPA, Pierre-François Grond, s’est même fendu d’un communiqué pour confirmer l’information, d’une manière pour le moins inattendue : « il y a une fille qui porte un léger voile sur la liste du Vaucluse ». Si le sujet n’était précisément pas à prendre à la légère, on pourrait dire qu’il s’agit d’un communiqué plus que léger.  Aujourd’hui, c’est le patron du NPA qui monte au créneau, dénonçant, tout en mesure comme à son habitude " un climat nauséabond, islamophobe dans ce pays, qui devient insupportable". Quand à l’intéressée elle-même, elle affirme "Oui, on peut être laïque, féministe et voilée."Ce qui semble pourtant aux yeux de tous les honnêtes gens le comble du paradoxe. Dont ceux des militants NPA. Manœuvre électoraliste, utilisation de la religion, provocation, le facteur trotskyste n’en n’est pas à son premier coup d’essai pour faire parler de lui.Jean-Luc Mélenchon est sans doute l’un des plus lucides à gauche sur la question de la laïcité : « Le débat politique ne doit pas aller sur le terrain religieux. Quelqu’un qui participe à une élection doit représenter tout le monde et pas seulement ceux dont ils partagent les convictions religieuses.» Et de dénoncer : « une attitude immature et un peu racoleuse ». Merci Jean-Luc Mélenchon de dire tout haut ce que les Français pensent tout bas. La laïcité doit être plus que jamais défendue et promue : la laïcité, qui n'est pas la disparition du religieux mais l'indispensable distinction du temporel et du spirituel !

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- Martin Hirsch et le service civique. Il est de coutume, dans les rangs de la droite, de faire la moue lorsque l’on parle des ministres d’ouverture. On se souvient à cet égard du bon mot de Patrick Devedjian « l’ouverture ? Oui, mais jusqu’aux sarkozystes ». S’il y a  bien un ministre d’ouverture qui tire son épingle du jeu depuis le début du quinquennat, c’est, à mes yeux, Martin Hirsch. Invité mercredi dernier du Talk Orange-le Figaro, le Haut-commissaire à la jeunesse a expliqué le dispositif de son ambitieux service civique destiné à tous les jeunes de 15 à 25 ans.  Objectif : 750 000 jeunes engagés au service de la collectivité d’ici 5 ans. 640 euros nets et des trimestres pris en compte pour la retraite. Voilà un beau projet qui dépasse les clivages politiques et les belles paroles trop souvent adressées aux jeunes. Du concret pour réinventer un creuset républicain, et en plein débat sur l’identité nationale, coup de chapeau à Martin Hirsch.


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- Luc Châtel et "le baiser de la lune". Le ministre de l’Education s’oppose avec courage et fermeté à la diffusion d’un dessin animé sur l’homosexualité destiné aux élèves de CM1 et de CM2. Laissons aux parents le soin de traiter ces questions avec leurs enfants de 10 ans.  Oui à la liberté de comportement de tous qui doit être garantie et préservée, mais laissons les enfants tranquilles ! N'ont-ils pas d'autres rêves de grandeur que de connaître, à 8 ou 10 ans, le format type de leur orientation sexuelle ? Absurde et folle société qui caricature ses propres enfants à qui, par ailleurs, elle est trop souvent incapable d'apprendre à lire, à écrire, à penser, à se former et, trop souvent, à grandir, dans l'équilibre et l'épanouissement !

 

Par Guillaume P - Publié dans : vie nationale
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Lundi 11 janvier 2010 1 11 /01 /2010 09:53
tractcantonbatdef
Bonne année à tous et à toutes, chers amis internautes, militants, curieux, sceptiques, passionnés ou convaincus ! Que 2010 vous permette de réaliser vos projets et vos rêves, qu'elle soit une belle année pour vous, pour ceux qui vous sont chers, pour la France, et pour notre chère Touraine.  
En sommeil depuis quelques temps, Générations Tours commence 2010 sur les chapeaux de roue et sous les flocons de neige! Beaucoup de Tourangeaux et de Tourangelles attendaient son retour avec impatience, ils ne seront pas déçus : nous avons lancé samedi dernier une consultation citoyenne dans le n°1 du journal Le Tourangeau. Un questionnaire pour récolter vos doléances et vos idées, vos inquiétudes, vos espoirs comme vos attentes.

A vous de jouer !

Fidèlement,
Guillaume
 
Par gp - Publié dans : vie locale
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Vendredi 4 décembre 2009 5 04 /12 /2009 10:30

Je crois en la laïcité et la liberté religieuse, c'est-à-dire en la faculté pour chacun de pratiquer sa religion ou son absence de religion. Je respecte toutes les religions et je souhaite que les chrétiens, les juifs, les musulmans, les agnostiques, tous ceux qui croient en Dieu ou qui n'y croient pas, puissent vivre, ensemble, en paix dans notre pays. Le résultat sans appel du référendum d'initiative populaire organisé en Suisse sur l'interdiction des minarets (57,5% de oui) a surpris les principaux partis politiques français autant que leurs homologues suisses. D'autant que l'issue de ce scrutin intervient en plein débat sur l'identité nationale et alors que les Français se prononcent eux-mêmes majoritairement contre les minarets (46% contre 40% pour - dont 55% des électeurs de Nicolas Sarkozy et 60% des classes populaires opposés, selon l'institut IFOP).

Comment ne pas s'étonner, tout d'abord, du flot de commentaires méprisants venus de la classe politique française sur les résultats d'un référendum populaire dans un autre pays que la nôtre : que je sache, en démocratie, le peuple est souverain ! Ou alors versons dès aujourd'hui dans l'oligarchie du 21ème siècle, dont Daniel Cohn-Bendit pourrait prendre la tête. Ses propos outranciers appellant les pays musulmans à retirer leurs fonds du pays des Alpes en seraient risibles s'ils n'étaient à ce point irresponsables : ce type d'attitude mène tout droit au choc des civilisations dont nous ne voulons pas.

Pour autant, n'oublions pas que, si la société française est sécularisée, elle n'est pas devenue sans religion. L'imaginaire national reste pétri de christianisme : François Mitterrand avait posé devant un clocher pour sa campagne de 1981, "la force tranquille". Et les Français, comme les Européens, ont une réticence à la mondialisation, qu'elle soit économique, culturelle ou religieuse. Les élites ont sous-estimé cet enracinement, cet attachement à nos traditions et nos coutumes. Elles vivent dans un monde globalisé et oublient que notre calendrier, nos jours fériés, nos habitudes alimentaires, nos monuments, les cérémonies du mariage civil, nos grands auteurs étudiés à l'école, les noms de nos villages expriment notre culture judéo-chrétienne, imprégnée de sources athéniennes et romaines.

Quant au minaret, comme la burqua, ne sont-ils pas l'expression dévoyée de l'Islam ? "Le minaret n'est pas une obligation. C'est une architecture traditionnelle pour appeler à la prière dans les pays musulmans. Il n'est absolument pas nécessaire en France. Il est même déplacé. Dans le climat actuel, le minaret est perçu comme un défi. Pour éviter de réveiller les peurs et les intégrismes, je milite pour une présence discrète de l'Islam." Visionnaire. Courageux. Tellement républicain. Qui a donc pu prononcer ces mots ? C'est le représentants des musulmans de Bordeaux, l'imam Tareq Oubrou. Comme l'immense majorité des musulmans de France, Tareq Oubrou souhaite pratiquer sa religion dans le respect des valeurs de notre pays. Et c'est son droit. Et nous devons tout mettre en oeuvre pour que les musulmans puissent pratiquer en paix et décemment leur religion. La France s'honore à refuser l'Islam des caves. Elle devrait réchauffer l'âme des gentilshommes, quelle que soit leur religion, en limitant burquas et minarets.

Comme l'écrit Christophe Barbier, dans l'Express, cette semaine : "il y a un problème avec la religion musulmane et c'est rendre un bien mauvais service à ses adeptes que de le taire. Il y a un problème musulman à l'hôpital quand une femme est moins bien soignée à cause de l'obscurantisme de son mari. Il y a un problème musulman à l'école, des cantines aux gymnases, quand les enfants sont inégaux face aux enseignements et que l'unité des classes est menacée. Il y a un problème musulman dans les cités quand le salafisme s'offre en substitut au modèle et au droit républicains".

Le spirituel est affaire d'individu, il est comme en son jardin dans nos consciences. Par le passé, la monumentalité religieuse fut un enjeu de pouvoir : au XIXème siècle, les catholiques disposaient de la grande avenue pour leurs églises tandis que les protestants pouvaient bâtir uniquement leurs temples dans les rues adjacentes. Il existe une appropriation de l'espace public à travers l'architecture. Sortons de ce mauvais jeu. Pour lutter contre tous les communautarismes qui gangrènent l'unité et la cohésion nationales, faisons le pari d’une France laïque et bienveillante envers la liberté religieuse. A condition que chacun prenne la peine et le temps de s’approprier l’histoire de notre pays pour s’inscrire dans une continuité. A condition que nos concitoyens qui ont une conviction religieuse acceptent, partout et en profondeur, l'acculturation de leur religion.

François Bayrou, dans une interview au Figaro de ce matin, le dit avec sagesse : "je suis un croyant qui défend la laïcité et la liberté religieuse. En même temps, je ne traite pas à la légère la grande peur qui est derrière ce débat : la peur de voir son pays, ses coutumes, ses traditions disparaître sous d'autres cultures, plus prosélytes. Cette peur doit être apaisée. Cela donne une ligne : les lieux de prière sont un droit de l'homme, y compris les mosquées. Mais ce qui est démonstratif et ostentatoire, il faut y faire attention (...)."

Sur ce sujet essentiel, François Bayrou est au-dessus des autres, plus juste et plus visionnaire. Plus grand et plus haut, en tous cas, que les pauvres propos de Cohn-Bendit. Le Béarnais rejoint ainsi Max Gallo qui, dès le début de la semaine, avait aussi bien analysé ces enjeux.

Ainsi, pour la France, pour la République, par respect pour les musulmans de France, affirmons sans cesse, haut et fort, avec courage et conviction, sagesse et hauteur, que la France ne transige pas avec ses traditions et ses valeurs. C'est la fermeté sur nos principes qui annihilera tous les amalgames odieux qui blessent les musulmans.

 

Par gp - Publié dans : vie nationale
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Jeudi 19 novembre 2009 4 19 /11 /2009 17:55

Que le football est un beau sport, si technique, si tactique et si physique, quand il est joué avec ambition, talent et envie, devant des tribunes envahies de jeunes et de moins jeunes, passionnés du beau jeu, tous mêlés et dignement attachés à leur cercle d'appartenance, qu'il soit ville, région ou pays. C'est tous mes souvenirs d'hier et d'aujourd'hui qui reviennent, quand les émotions vous submergent pour un classico du championnat de France, un grand duel de Champions League entre les mythiques Madrilènes et les géants du Barça, les Reds de Liverpool ou les rugueux Milanais, ou plus encore les grands matchs, si grands, de la grande équipe de notre enfance, Platini, Tigana, Giresse, Bats et Rocheteau de la si passionnante Coupe du Monde 1986 au Mexique : nous n'avions pas dix ans, nous petits Français qui riaient le soir de France-Brésil, et qui pleuraient si fort, abattus et desespérés, après le France-Allemagne.

 

Mais que ce sport est désespérant quand il flirte, à ce point, avec le fric et la triche. Hier soir, j'ai eu honte. Honte de cette équipe, triste, fade, prétentieuse. Ce peuple vert est si digne, si fort, si droit, si fier qu'il méritait son billet pour l'Afrique du Sud face à ce onze Bleu Blanc Rouge, arrogant et sûr de lui, sans âme, ni saveur. Comme le soulignait Dany Cohn-Bendit, passionné de football, aujourd'hui à l'AFP, " cette victoire est imméritée (...). Il faut avoir le coeur bien accroché pour soutenir cette équipe". Ou bien Alain Finkielkraut sur Europe 1 : "cette victoire est déplorable. Je suis un amateur de football, triste". Et le chanteur Renaud qui soutient l'Irlande parce que "j'aime ce peuple rebelle, insoumis et joyeux".

Oh, certes, il ne s'agit que de football. Et les problèmes, entre crise économique et mal-être social, sont légions. Mais la réputation d'une Nation toute entière est en jeu, tout comme l'exemple donné à sa jeunesse.

Billet d'humeur et simple cri du coeur d'un modeste passionné. Pour qu'entre la victoire en cassant (des voitures et des flics) et la victoire en trichant (double hors-jeu, double main), nous puissions vite, très vite, retrouver le chemin de la victoire en ... chantant. Comme ces fameux Irlandais, de Croke Park au Stade de France, qui communiaient, à pleins poumons, autour de leurs chants envoûtants. Merci l'Irlande.

La victoire est française, certes, mais l'honneur est irlandais !

A quand une nouvelle "Eire" pour les Bleus ?

 

Par gp - Publié dans : vie nationale
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Jeudi 12 novembre 2009 4 12 /11 /2009 23:20

 De la porte de Brandebourg à l’Arc de  triomphe. 9 et  11 novembre. En deux jours, deux  monuments, deux  symboles, deux guerres, deux  chefs d’Etat, deux  pays. Mais une histoire commune.
 9 novembre d’abord : un anniversaire, celui  des  vingt ans de la chute du mur. Ce mur de la honte  érigé au milieu de la capitale allemande pendant plus  de vingt-huit ans, encadré par la tristement célèbre  Stasi, magnifiquement mise à nue dans le superbe  film "la Vie des autres", sorti en 2006. La chute du  mur, c’est la chute d’une idéologie dévastatrice, la fin  de l’affrontement de deux blocs. C'est la mort du communisme et ses dizaines de millions de morts, et la fin d'un siècle si cruel aux idéologies odieuses et insupportables, qui fit naître, folies des hommes, le nazisme et le communisme.
11 novembre ensuite : un armistice, celui de la Première Guerre mondiale. Cette Grande Guerre qui faucha 9 millions d’hommes et engendra 8 millions d’invalides. La guerre des tranchées et l’après-guerre des gueules cassées. Pour la première fois hier, les cérémonies de commémoration se sont déroulées sans poilu, dans un sobre face-à-face avec la tombe du soldat inconnu. Souvenons-nous, le dernier survivant au prénom si éloquent et au nom si chantant, Lazare Ponticelli, est mort l’an dernier.

L’actualité de cette semaine nous offre une parenthèse historique, qui nous permet de sortir du flot des polémiques récentes. En plein débat sur l’identité nationale, voilà une manière de nous rappeler d’où nous venons et ce que nous devons aux générations d’hier. Commémorer, un verbe qui rappelle hier et construit demain. 

Par gp - Publié dans : vie nationale
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Lundi 19 octobre 2009 1 19 /10 /2009 16:16
Cinq mois. Cinq mois, c’est court. C’est le temps qu’il nous reste avant le prochain grand scrutin national : les élections régionales de mars. Cinq mois pour que la majorité et le chef de l’Etat se tournent entièrement vers les Français. Pour faire oublier les polémiques parisiennes qui desservent notre action. Le Président l’a bien compris, les électeurs de droite sont déboussolés par les récentes polémiques et les dernières réformes. Et, même si je me réjouis de ce succès pour notre famille politique, ce n’est pas la courte victoire, hier soir, de David Douillet, dans une circonscription très conservatrice, qui inversera la tendance. Aujourd’hui, nos électeurs sont dans le brouillard. Le temps de la campagne présidentielle, le candidat Sarkozy avait courageusement proclamé qu’il fallait en finir avec mai 68. Mais, hélas, en ces temps-ci, à Paris, le pouvoir semble préférer les bobos aux populos, les écolos aux ruraux, les gadgets « hors sol » aux réformes profondes et courageuses. Oh, certes, la critique est facile et l’art si difficile. Mais Nicolas Sarkozy a suffisamment de talent et de volonté pour se remettre en selle. Avec lui, nous devons revenir aux fondamentaux de la campagne présidentielle. Tradition et modernité. Patriotisme et ouverture. Courage et volonté. Et tourner la page. 

- Tourner la page « bobos ». En mai 2007, Nicolas Sarkozy, fraichement élu, obtenait 65% de bonnes opinions chez les classes populaires. Neuf mois plus tard, en février 2008, il n’était plus que 38% à lui accorder une note positive. La faute à la désormais fameuse « people-isation » qui avait eu raison du peuple. Automne 2008, autres temps, autre mœurs. La crise vient frapper les esprits et les économies, mondiale, européenne et française. A la faveur de ce contexte de crise, Nicolas Sarkozy endosse le costume de chef de l’Etat et ne cédera plus à l’appel du people. Il renoue avec le peuple et sa cote remonte en flèche. 

Aujourd’hui c’est une autre tendance qui se dessine : la « boboïsation. » Ou ce qu’Eric Zemmour appelle, lui, la « carla-isation ». Appels du pied aux écolos-bobos, sympathie affichée pour le symbole de mai 68 Cohn-Bendit, et puis les trois affaires Polanski, Mitterrand neveu, Sarkozy fils. Ou comment le microcosme parisien s’auto-promeut, s’auto-émeut et s’auto-défend… Et le peuple de droite ne nous accorde plus qu’à 29%, son opinion favorable (IFOP-JDD, octobre 2009)! 

 

- Tourner la page « écolos ». L’idée, sur le papier, était belle. Diviser pour mieux régner. Faire « monter » les Verts pour « diminuer » les socialistes.  A deux détails près : la manœuvre est cousue de fil blanc (Mitterrand l’a fait avec Le Pen ; Sarkozy avec Besancenot) et surtout il manque cette fois-ci avec les Verts, un élément essentiel : la diabolisation. Car aujourd’hui, qui a peur des Verts ? Les politiques, les médias font assaut de ferveur écolâtre. Yann Arthus-Bertrand et Nicolas Hulot sont les nouveaux gourous. La taxe carbone va sauver l'humanité souligne Alexis Brézet dans son éditorial, Le péril Vert.
Alors dans les faits, la manœuvre devient boomerang, elle se retourne contre ses auteurs : certes, elle permet d’éliminer la gauche d’un second tour à Rambouillet, mais elle fait trembler la droite, au second tour. La circonscription de Mme Boutin n’est conservée que de cinq petites voix d’avance. Comme si les électeurs de droite avaient pris au mot leurs dirigeants. On a donné à l’électeur de droite un permis de voter écologiste, il s’en est servi. Ce sérieux avertissement nous offre l’occasion de redresser le tir : en témoignent les voix dissonantes qui se font désormais entendre, à commencer par celle de Luc Ferry. Dans une chronique très enlevée Monsieur Hulot ou la stratégie de la chauve-souris : de quelle écologie voulons-nous au juste devenir les apôtres ?, l’ancien ministre décrypte avec brio nos choix d’avenir. Il y a deux écologies d’inspirations bien différentes entre lesquelles les politiques devront choisir : d’un côté, une écologie de la peur, dont la logique médiatique fait merveille mais qui rejoint toujours in fine le mythe de la croissance zéro. De l’autre une écologie de la science, intellectuellement plus exigeante, mais qui, seule, est susceptible de nous tirer d’affaire en réconciliant économie moderne et développement durable. » Que n’a-t-on entendu ce discours là plus tôt ? La droite gagnerait tant à se démarquer de l’écologie de gauche idéologique, néfaste, sectaire et autoritaire. Oui, il existe une politique de l’écologie intelligente, ouverte, novatrice, fondée sur la croissance, le progrès et le libre choix !

 

- Tourner la page des mesures-gadgets « hors-sol », ces réformettes, médiatiques à Paris mais jugées dramatiques par le peuple, qui séduisent l’Ile-de-France mais pénalisent le reste de la France. Ainsi en est-il de la taxe carbone, jugée comme une mauvaise chose par 59% des Français, de la cagnotte pour récompenser la … présence scolaire à laquelle 69% des sympathisants de droite sont opposés, ou de la nomination de Jean Sarkozy, un non-sens pour 64% des Français. Ajoutons à cela la réforme des collectivités territoriales qui passe mal, auprès des grands élus (c’est se foutre du monde dixit Alain Juppé) comme des « petits » élus locaux, sans porte-parole, qui voient leurs territoires ruraux abandonnés.

Les motifs d’inquiétude sont là. Mais les signes de redressement aussi ! Nicolas Sarkozy est excellent quand il choisit le chemin de la France, le chemin d’une droite républicaine, populaire et sociale. Excellent quand il se rend en visite surprise à Gandrange. Excellent quand il déclare avec fermeté dans le Figaro : « Il ne faut pas confondre le climat du milieu médiatique, qui est par construction politisé et agité, avec la réalité de la société française qui attend du gouvernement qu'il apporte des solutions concrètes aux problèmes des Français ». Ne pas confondre, certes, mais surtout ne plus donner l’impression d’accorder plus de valeur à la société médiatique qu’à la réalité politique. Alors, oui, apporter des solutions concrètes aux problèmes des Français, c’est la ligne qu’il faut continuer à se fixer.  Et ne plus s’en démarquer.  

Sauvés par le nouvel ordre médiatique où une nouvelle polémique chasse l’autre plutôt que s’y superpose, Nicolas Sarkozy et nous tous, Français de droite, nous devons tirer les leçons de ces dernières semaines.

Oui, nous estimons, et soutenons sans réserve, le Président quand il se veut réformateur, audacieux, ouvert d’esprit, fermé au politiquement correct, briseur de tabous, fonceur à l’international, solide au national ! 

Les Français veulent un Président qui avance, qui réforme, qui parle aux Français. Un Président politique. Un Président qui soit la France.

 

Par gp - Publié dans : vie nationale
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Lundi 24 août 2009 1 24 /08 /2009 16:31

 

Même la gauche n'en revient pas et salue l'intelligence d'un tel rassemblement ! Dès le 14 août, sur France-Info, l'un des patrons du PS, le secrétaire national à l'Economie Michel Sapin estimait que la droite, en s'alliant avec Frédéric Nihous et Philippe de Villiers, "copiait avec intelligence ce que le Parti socialiste avait fait aux précédentes élections régionales. La droite a une stratégie intelligente, celle du rassemblement dès le premier tour. C'est ce que nous avions d'ailleurs fait aux dernières élections régionales et ça avait été une des causes, peut-être même la cause principale, de notre très grande victoire. (...) Aujourd'hui, la gauche, elle, n'est pas exactement dans la même situation, elle a plutôt tendance à se disperser, et la dispersion du premier tour, c'est assurer à la droite d'être en tête partout au premier tour, donc il faut réagir".


En plein coeur de l'été, Nicolas Sarkozy a frappé un grand et joli coup. Après avoir révolutionné le corpus idéologique de la droite lors de la campagne présidentielle de 2007 autour des deux principes de l'ordre et du mouvement (cf. post précédent), le Président de la République a rénové l'assise électorale de la droite : un grand parti, l'UMP, véritable corps central, fort de ses quelques 300 000 militants, de ses milliers d'élus locaux, ou encore de ses 500 parlementaires, dont il a fait une puissante machine autour de laquelle gravitent de nombreux satellites plus ou moins puissants qui ont valeur de symbole autour d'un concept très mitterrandien, l'ouverture. Ouverture à gauche et au centre dès le début du quinquennat : Eric Besson et Jean-Marie Bockel au gouvernement, tout comme Hervé Morin ou Michel Mercier ; ouverture à droite au lendemain des européennes au président du Conseil général de la Vendée et aux chasseurs.

La carte politique française s'est donc considérablement simplifiée ces dernières semaines autour de cinq blocs :
- l'ultra-gauche (LO, NPA,  et le PC comme le Parti de Gauche de Jean-Luc Mélanchon qui hésitent encore entre l'extrême-gauche et les accords avec les PS) - 12% aux européennes de 2009
- la gauche (PS, PRG (malgré l'éventuelle entrée au gouvernement du radical corse Paul Giacobbi), et les Verts) - 33% aux européennes de 2009
- le Modem (qui, selon Marielle de Sarnez lors de l'université de Vincent Peillon le 22 août dernier, pourrait intégrer une maison commune des opposants à Nicolas Sarkozy) - 8,5% aux européennes de 2009
- la droite (UMP, Nouveau Centre, Progressistes, Gauche Moderne, Parti Chrétien-Démocrate, Radicaux, Droite libre, souverainistes et CPNT), sans oublier Nicolas Dupont-Aignan qui, avec Debout La République, reste indépendant du parti présidentiel et pourrait tirer avantage de son positionnement, à l'image de Jean-Luc Mélanchon à gauche, en s'appuyant sur son score des européennes (près de 300 000 suffrages) - 35% aux européennes de 2009

- le FN qui revient, avec Marine Le Pen, sur la ligne ni droite, ni gauche du parti des années 1990 avec des thématiques plus sociales qu'identitaires, comme les observateurs l'ont souligné lors de la campagne municipale d'Hénin-Beaumont - 7% aux européennes de 2009

"Au PS, serions-nous les derniers sectaires ?" s'interrogeait le brillant Vincent Peillon dans les colonnes du Parisien le 14 août dernier. Et d'ajouter : "toutes les grandes victoires politiques ont supposé l’invention d’un nouveau système d’alliance. Cela a été le cas pour François Mitterrand, qui a su imposer à la SFIO mourante le processus d’Epinay, l’union avec le PC, ou pour Lionel Jospin avec la gauche plurielle. Aujourd’hui, nous devons construire avec tous les républicains de progrès une nouvelle alliance majoritaire qui va des communistes au MoDem. (...) L’espoir est là.
Voyons ce que fait Nicolas Sarkozy qui, après avoir manié les thématiques du Front national et ouvert à gauche, va chercher les chasseurs et Villiers. Enfin quand même ! Est-ce que nous serions les derniers sectaires et dogmatiques ? Nous nous laisserions voler l’unité et le rassemblement ?"

Contre tous les sectarismes et les étroitesses d'esprit, et autour d'un projet de société solide et visionnaire, l'unité et le rassemblement sont toujours des valeurs positives. Comment, en effet, ne pas applaudir et se réjouir de voir figurer au sein d'un même Comité de la majorité présidentielle des personnalités aussi diverses et variées que Jean-François Copé, Eric Besson, Christine Boutin, Hervé Morin, Philippe de Villiers (pourquoi avoir attendu l'échec des européennes alors que la cohérence et l'efficacité commandaient un tel rapprochement dès le lendemain du premier tour de l'élection présidentielle ?), Jean-Marie Bockel, Jean-Louis Borloo ou Brice Hortefeux ?

Seuls ceux qui n'ont pas confiance en eux ont peur des autres. Moi, je suis assez sûr de mes convictions, de leur actualité, de leur avenir, pour ne pas craindre de larges rassemblements indispensables aux réformes profondes et difficiles que nous aurons à conduire demain !

 

Par gp - Publié dans : vie nationale
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Samedi 18 juillet 2009 6 18 /07 /2009 13:10
Le candidat l'avait promis, le Président l'a-t-il fait ? Nicolas Sarkozy fait-il ce qu'il dit et dit-il ce qu'il fait ? A travers ces questions, il ne s'agit pas ici de procéder à un recensement exhaustif de toutes les mesures faites pendant la campagne présidentielle, ce travail étant déjà réalisé avec sérieux et précision par de nombreux sites, à l'aide de baromètres en tous genre et de notes à tout va. Après avoir choisi notre candidat à l'aide d'un bulletin de vote, l'on se plait à remplir le bulletin de notes du Président. La question du bilan du Président de la République mérite d'être posée, et peut être analysée selon trois échelles : son action sur la scène mondiale, son action au niveau européen et son action en France.

Sur la scène mondiale d'abord. Le début du quinquennat a été marqué par un virage atlantiste mal compris et mal venu. Vacances outre-Atlantique, volonté d'ouvrir une «nouvelle ère» avec les Etats-Unis et promotion de relations franco-américaines idylliques, malgré des évidentes différences sur la politique étrangère entre la France et les Etats-Unis. Atlantisme atténué au fil des mois jusqu'à ce que Nicolas Sarkozy réintégre la France dans le commandement militaire intégré de l'Otan. Sarkozy l'Américain a changé : il porte, avec force et convictions, l'image d'une France forte et active sur la scène internationale. Les différentes crises en Europe de l'Est, en Afghanistan et au Proche-Orient ont modelé un Président plus pragmatique. La France ne doit-elle pas rester une puissance d'équilibre, une puissance de contre-poids face à toutes les hégémonies et porter la parole des Nations libres du monde ? Dans le même temps, peut-on, aujourd'hui, au XXIème siècle déserter le commandement militaire de l'OTAN alors que nos troupes servent, par milliers, sur de si nombreux théâtres d'opération ? L'influence de ses conseillers, Henri Guaino comme Max Gallo, lui a permis de rééquilibrer avantageusement sa politique étrangère, dépoussiérée et indispensablement indépendante. La politique étrangère de la France se doit d'être d'inspiration gaullienne. 
Dans ce domaine, un autre chantier reste à mettre à l'actif du Président de la République, c'est l'Union pour la Méditerranée qu'il appelle de ses vœux. Cette belle idée consiste à réunir les pays riverains de la Grande Bleue et les 27 de l'UE afin de mettre en œuvre une politique commune dans les domaines de l'énergie, de l'environnement, de la gestion des flux migratoires, domaines dans lesquels les enjeux sont de taille : politique de l'eau, dépollution, co-développement,... le partenariat avec la Turquie doit se faire dans ce cadre et non par une adhésion à l'UE.
Au niveau européen, force est de reconnaître le volontarisme du chef de l'Etat lors de la crise financière de l'automne dernier : plans de relance, fonds souverains, sommets européens et mondiaux, personne ne pourra reprocher à Nicolas Sarkozy de ne pas avoir été à la manœuvre et à l'initiative. Et Nicolas Sarkozy a su tirer profit du bilan de la Présidence française de l'Union européenne : les résultats du scrutin européen de juin dernier le démontrent. Le traité de Lisbonne, dont la ratification se poursuit malgré le non irlandais, est censé permettre une Europe plus politique que technocratique. Mais rédigé avant la crise financière, il ne permet pas la mise en œuvre des mesures nécessaires de protection économique, de régulation et de transparence financières pour l'élaboration d'un nouveau capitalisme « moralisé ». 
Sur la question de l'élargissement, Nicolas Sarkozy a, à de multiplies reprises, réaffirmé son opposition à l'adhésion de la Turquie à l'UE. La récente nomination de Pierre Lellouche, connu pour ses prises de position en faveur de l'intervention militaire en Irak comme de l'adhésion turque, est apparue incohérente. Jusqu'à ce que ce dernier, dans un entretien à l'Express, ait clarifié ses intentions : « Ma position est celle du gouvernement. Il n'y a qu'une ligne et je l'appliquerai » et insisté : « la Turquie avec l'Europe, mais pas dans l'Europe. » Dont acte.

Enfin, à l'échelle de la France. Que de changements depuis mai 2007 ! Entre le Nicolas Sarkozy bling bling qui collectionne les Une de la presse people (il a lui-même reconnu "avoir commis des erreurs" au début du quinquennat - le Nouvel Observateur, 2 juillet 2009), et le Président si efficace et si volontariste qui enchaine les réformes à un rythme effréné et qui parcourt le monde et la France à la recherche de solutions concrètes aux problèmes de nos compatriotes ! Que de changements aussi avec ses prédécesseurs à tel point qu'aujourd'hui, la principale critique émise par l'opposition à l'égard du chef de l'Etat est « de trop en faire »... Que de changements enfin avec le passé. Nicolas Sarkozy avait promis d'être le candidat de la rupture, qu'en est-il vraiment ? Promesses tenues pour la modernisation des institutions, le soutien aux PME et au monde de l'entreprise, la baisse de la TVA, la relance du pouvoir d'achat, une gestion plus ferme des flux migratoires, la réforme de la justice, la baisse de la fiscalité, l'autonomie des universités ou encore du service minimum à l'école et dans les transports. Promesses tenues pour la vie politique en générale qui passe par l'ouverture, la prise de risque, la volonté de bousculer les lignes ou encore l'instauration de la culture du résultat. Un bémol toutefois : Nicolas Sarkozy n'a pas rompu avec l'idée fausse pourtant largement répandue selon laquelle la culture serait de gauche. Et ce n'est pas la nomination de Frédéric Mitterrand qui rétablira l'équilibre. Ce dernier a pris la défense du rappeur Orelsan et de sa chanson « sale pute », le comparant à ...Rimbaud ! Peut-être que le nouveau ministre de la Culture fera ériger une statue d'Orelsan, comme son oncle François, alors Président de la République l'avait fait pour l'auteur des Illuminations et du Dormeur du Val....

Il reste un peu plus d'une moitié de mandat pour Nicolas Sarkozy pour poursuivre sa politique et compléter les réformes indispensables à notre pays. A ses côtés, nous devons soutenir la majorité présidentielle pour développer une politique forte et courageuse fondée sur deux piliers fondamentaux : la politique de l'ordre, c'est-à-dire des valeurs, des repères, de l'autorité, du mérite, du travail, de l'effort, des convictions et la politique du mouvement, c'est-à-dire l'innovation, l'ouverture, le dialogue, la réforme, l'indulgence, le respect, l'action.

Deux piliers - ordre et mouvement - et un fil directeur : du sens, c'est-à-dire le Bien commun, l'intérêt général, la France. La "chose publique" ne saurait être assignée à une technologie du pouvoir aux mains des importants, des habiles et des rusés. Il lui faut, au contraire, s'enraciner dans l'existence et le réel, et la féconder pour lui donner du sens. Comme l'écrit Vincent Peillon, député européen socialiste et agrégé de philosophie, dans son passionnant "Jaurès et la religion du socialisme", citant le député des mineurs de Carmaux : " le courage , c'est d'être tout ensemble, quel que soit son métier, un praticien et un philosophe".

Le défi de demain, le nôtre, c'est de retrouver l'inspiration, le souffle, la flamme qui font tant défaut aujourd'hui où nul n'ose plus tracer la perspective au-delà de l'horizon court des conjoncturistes, comme si nous étions réduits, dans nos mobiles, nos motifs, nos élans, nos envies, nos désirs, à la sèche prudence des juristes, à l'économe froideur des statisticiens, à la pesante et prétentieuse tristesse des administrateurs. Politique et mystique, comme le proclamaient Jaurès et Péguy, sont inséparables. A l'aube d'un siècle nouveau, le Président doit tracer un chemin, développer un élan et offrir une espérance !

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Vendredi 12 juin 2009 5 12 /06 /2009 11:37

 




Le scrutin européen du 7 juin dernier appelle des commentaires particuliers tant les résultats sont riches en enseignements. Une mise en garde d'importance, toutefois : tirer des conclusions hatives du seul scrutin européen constitue toujours une erreur majeure à laquelle, me semble t-il, nombre de commentateurs de la vie politique française n'ont pas échappé. Les leçons du passé n'ont toujours pas été retenues : la percée des Verts dans les années 1980, celle des souverainistes dans les années 1990, par exemple, n'ont jamais, ou si peu, été suivies d'effets par la suite. Prudence, donc !

Ce préambule effectué, nous pouvons effectuer une analyse détaillée approfondie.

En France, d'abord, la victoire de l'UMP est nette :

- la majorité présidentielle arrive nettement en tête, inverse le rapport de force des élections européennes précédentes de 2004 (le PS avait rassemblé près de 29% des suffrages quand le parti d'Alain Juppé obtenait 16% des voix), approche le score historique de Nicolas Sarkozy obtenu au premier tour de l'élection présidentielle et affirme, de manière écrasante, son hégémonie sur la droite de la droite qui n'obtient que 10% des voix quand elle dépassait les 20% en 2004 et les 30% en 1999. Le recul du FN (quoique stabilisé dans le Nord-Ouest) et le tout petit score de Libertas (4,6%, malgré les Pays-de-la-Loire et Poitou-Charentes, quand le MPF et CPNT totalisaient plus de 9% en 2004) illustrent la capacité du locataire de l'Elysée à incarner la synthèse de la France du Oui et du Non. A lui de poursuivre le rythme des réformes : quand la France veut, Sarkozy peut, ou l'inverse... Les Français ont plutôt validé la première partie du quinquennat. Même si la droite populaire, et c'est inquiétant, a nettement décroché.

- le Modem a, certes, échoué mais quelle imprudence aveugle dans les différents commentaires entendus ici ou là ! Non, François Bayrou n'est pas mort, loin s'en faut. Près de 70% de son électorat s'est abstenu selon les différents rapports de la SOFRES ou de CSA, chiffre qui démontre la grande capacité de rebond dont dispose le Béarnais s'il saisit la leçon européenne pour bien préparer les régionales en incarnant une alternative de fond, et non de simple forme, à l'actuelle majorité. La très forte mobilisation des "bobos" citadins (27,5% pour Cohn-Bendit à Paris !!), ses mauvaises prestations dans la dernière semaine (mauvais joueur contre les sondages, égocentré sur 2012,...) et l'opportune diffusion devant près de 9 millions de téléspectateurs du film Home ont détourné, provisoirement selon moi, ses électeurs de la troisième force qu'il prétend incarner.

- A gauche, les forces sont éclatées comme l'était la droite dans les années 1990 : une gauche radicale qui refuse de gouverner (6% pour le NPA et LO), une ultra-gauche qui fait une percée grâce à la campagne dynamique de terrain de Jean-Luc Mélenchon (6% pour le Front de Gauche), Europe-Ecologie (qui, ne l'oublions pas, rassemblait les Verts, les amis de José Bové et ceux de Nicolas Hulot) jubile (plus de 16% des voix) et le PS souffre d'un réel manque de mobilisation et de leadership. Le grand défi de demain pour la rue de Solférino : sa capacité à créer une maison commune de la gauche ouverte à la fois au Front de Gauche et aux centristes, avec des porte-parole renouvelés, tels Peillon ou Filippetti, et un projet audacieux... Seule bonne nouvelle pour la gauche : un Besancenot "cornérisé" par la dynamique de Mélenchon, plus ouvert que l'excessif facteur à la négociation...

Dans les circonscriptions inter-régionales, le PS subit un sérieux revers mais reste favori pour les élections régionales de mars 2010 :

- Ile-de-FranceLe PS y subit une cuisante défaite, en étant largement devancé par la liste Europe Ecologie de Daniel Cohn-Bendit (20,87 %, quatre sièges). Menée par les ministres Michel Barnier et Rachida Dati, la liste UMP obtient 29,59 %, contre 17,79 % en 2004. La liste PS, menée par Harlem Désir, n'obtient que 13,57 %, contre 25,02 % en 2004. Le porte-parole du PS, Benoît Hamon, député européen sortant n'a pas été réélu. Comme dans le reste de la France, le MoDem a subi un revers (8,53 %), seule Marielle de Sarnez étant réélue. Enfin, Libertas perd la moitié des voix obtenus par Paul-Marie Coûteaux en 2004 et franchit, à peine, les 3% devançant d'un cheveu la liste de Nicolas Dupont-Aignan qui obtient un honorable 2,5% (et près de 2% et 300 000 suffrages au niveau national).

-
Nord-Ouest : L'UMP arrive largement en tête avec 24,22 % et quatre élus, et double quasiment son score de 2004. Le PS est devancé dans les quatre régions de la circonscription (Nord-Pas-de-Calais, Picardie, Basse et Haute-Normandie), pourtant toutes dirigées par des socialistes. Europe Ecologie a presque doublé son score (12,10 % contre 6,83 %, un élu) et le Front national est en légère baisse (10,18 % contre 12,86 %, un élu), mais Marine Le Pen est réélue au Parlement européen. Le FN obtient dans cette région le meilleur score national du parti. Le MoDem (8,67 %) et le Front de gauche (6,84 %) comptent chacun un élu.

- Ouest : 
Retournement de situation cinglant pour le Parti socialiste, qui était arrivé en tête en 2004 : dans tous les départements, l'UMP remporte la majorité des suffrages. La majorité présidentielle menée par Christophe Béchu remporte ainsi 3 sièges, devant le PS (19 %, 2 élus). Europe Ecologie remporte 2 sièges, avec notamment l'élection au Parlement européen de Yannick Jadot, ancien de Greenpeace. La tête de liste du MoDem, Sylvie Goulard, est élue. Enfin, Philippe de Villiers conserve son siège de député européen, grâce à un bon score sur ses terres (33% par rapport aux 38% de 2004).

- Centre Massif Central : avec 28,51% des voix, l'UMP arrive largement en tête devant le PS (près de 18%) et les Verts (13,5%). 3 sièges pour la majorité présidentielle portée par Brice Hortefeux, 1 siège pour le PS et 1 pour Europe-Ecologie. Le Modem n'atteint pas la barre des 10% (8,1%), juste devant le Front de Gauche. Et Libertas ne franchit pas le seuil des 5% malgré le soutien des chasseurs (2,5% en 2004). A noter le score surprenant des écologistes indépendants de Francis Lalanne, Antoine Waechter et Partice Drevet qui récoltent près de 3,5%, comme au niveau national : Home, sweet Home...

- Sud-Ouest : 
Avec moins de 18 % des voix, le Parti socialiste s'est là aussi effondré : il devra se contenter de deux sièges. La liste UMP de Dominique Baudis réussit vraiment son pari : le patron de l'Institut du Monde Arabe (IMA) est arrivé en tête avec près de 27 % des voix, et envoie 4 élus au Parlement européen. Les écologistes conduits par José Bové ont, comme au niveau national, fait une percée significative en récoltant 15,7 % des suffrages et 2 sièges. A Bordeaux et Toulouse, ils ont même obtenu respectivement 22,34 % et 22,04 % des suffrages. Le MoDem, conduit par le président du Credoc, Robert Rochefort, ne parvient pas à faire mieux que 8,6 % (1 élu), devançant d'un cheveu la liste Front de gauche (8,15 %), conduite par Jean-Luc Mélenchon. Le sénateur de l'Essonne devrait donc abandonner le Sénat pour le Parlement européen.

- Est :
 Joseph Daul, tête de liste de l'UMP, sortant dans l'Est, a été réélu avec 29,30 % des voix (4 sièges), devançant largement les listes PS (16,89 %) et Europe Ecologie (14,52 %), conduites par Catherine Trautmann et Sandrine Bélier. Le MoDem a fait à peine mieux que le Front national (9,43 % contre 7,66 %, un siège chacun).

- Sud-Est : 
La liste UMP, conduite par Françoise Grossetête, députée sortante, réalise un bon résultat, avec 29,5 % des voix, et envoie cinq élus à Strasbourg. La liste PS conduite par Vincent Peillon réalise un score décevant et ne remporte que 2 sièges ; le député sortant avait abandonné sa région Picardie pour se présenter dans le Sud-Est. La bonne opération est réalisée par la liste Europe Ecologie menée par Michèle Rivasi : avec 17,3 %, les écologistes enverront trois députés au Parlement européen. Le MoDem, emmené par l'ex-écologiste Jean-Luc Bennahmias, n'arrache qu'un seul siège avec 7,50 % des voix. Les centristes sont dépassés par le Front national, qui obtient 8,5 % des voix, sauvant le siège de Jean-Marie Le Pen.

- Outre-mer : 
L'UMP retrouve la première place aux élections européennes dans la circonscription outre-mer. Mais, paradoxalement, sa tête de liste Marie-Luce Penchard, tout comme Ericka Bareigts (PS), n'ont pas été élues lors d'un scrutin au taux de participation très faible (23,12 %).  L'ancien député Elie Hoarau (PCR) arrive en tête dans l'océan Indien. Le Néo-Calédonien Maurice Ponga (UMP) est élu dans le Pacifique et le vice-président du conseil régional de Guadeloupe, Patrice Tirolien (PS), en Atlantique, malgré un mauvais score (15,58 %).

Enfin, au niveau européen, les forces de droite arrivent largement en tête sur les 736 sièges :


Groupe politique Nb de sièges Score en %
PPE (Droite) 264 35.9
PSE (Gauche) 161 21.9
ALDE (Libéraux et démocrates, dont Modem) 80 10.9
Les Verts 53 7.2
Europe des Nations (Droite conservatrice) 35 4.8
Gauche radicale 32 4.3
IND-DEM (dont UKIP anglais (14 sièges) et l'élu Libertas) 18 2.4
Autres (dont conservateurs britanniques et tchèques) 93 12.6



Ces élections européennes ont ainsi signifié, nettement, la victoire d'une Europe politique, enracinée et concrète, respectueuse des Peuples et des Démocraties, d'une Europe qui tourne le dos aux technocrates bruxellois. A l'image du programme de Silvio Berlusconi, des conservateurs britanniques, de la CDU-CSU allemande ou encore de l'UMP française. Et la validation de la stratégie européenne de Nicolas Sarkozy qui avait réconcilié les partisans du Oui et du Non à la Constitution européenne lors de la Présidence française de l'Union au dernier semestre 2008.

La deuxième partie du quinquennat commence avec en ligne de mire la nécessité de poursuivre les réformes pour adapter la France aux enjeux de notre temps, mais aussi des élections régionales de mars 2010 qui s'annoncent très compliquées pour la majorité présidentielle avec nombre de ministres têtes de liste, comme ici en région Centre avec Hervé Novelli.

Pour ce faire, il faudra mobiliser et convaincre les électeurs de la droite populaire
qui ont boudé les urnes dimanche dernier (70 à 75% d'abstention chez les ouvriers, les employés et les classes moyennes), qui n'avaient pas fait défaut à Nicolas Sarkozy en 2007 et qui, seuls, pourraient faire basculer les régions détenues quasi-exclusivement par le Parti socialiste depuis 2004. L'enjeu est d'importance. A suivre...

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Lundi 4 mai 2009 1 04 /05 /2009 12:00

Depuis quelques semaines, la mèche sociale crépite. "La situation est révolutionnaire" s'est même cru autorisé à dire "l'opposant" Dominique de Villepin. De sérieux coups de sang, en tout cas, oui. Depuis septembre, on dénombre plus de soixante-dix plans sociaux, et beaucoup résultent de la crise qui frappe le monde avec une violence inouïe en mettant, en France, chaque mois, de 60 000 à 80 000 personnes sur le carreau. Et une petite dizaine ont donné lieu à des débordements inacceptables, du saccage de la sous-préfecture de Compiègne aux séquestrations de cadres : le PDG de Sony à Pontons-sur-l'Adour et de 3M Santé à Pithiviers en mars ; Caterpillar à Grenoble, Scapa à Bellegarde ou encore Molex à Villemur-sur-Tarn en avril où le co-gérant et la DRH ont été séquestrés pendant près de trente heures.

"On commence par des séquestrations et puis...on tire sur George Besse, c'était il n'y a pas si longtemps" : ce jour-là, interviewé sur RTL, Geoffroy Roux de Bézieux, le patron de l'Unedic, d'un naturel plutôt modéré, s'est laissé aller à cette extrapolation osée et excessive en référence à l'ancien patron de Renault assassiné en 1986. Preuve que le climat social se tend et que les foyers de contestation se multplient. Pour autant, la thèse du complot ne tient pas : certes, l'extrême-gauche souffle sur les braises et Besancenot, véritable exploiteur de la crise, tout à sa campagne européenne et son ambition personnelle, rêve du Grand soir. Certes, la gauche radicale infiltre, depuis longtemps, des syndicats sous-représentatifs et met de l'huile sur le feu : le leader CGT des Continental vient de Lutte Ouvrière par exemple. Mais l'unité syndicale constitue un réel atout contre les débordements et le facteur de Neuilly a déjà perdu beaucoup de plumes électorales dans son absurde soutien aux violences de Strasbourg durant le sommet de l'OTAN : tous les baromètres des instituts de sondages montrent une baisse de 5 à 10 points de sa popularité en avril, surtout auprès des sympathisants du Parti socialiste.

Quelles réponses à la crise ? Tenir bon. La mobilisation du 1er mai a faibli (500 000 manifestants contre 2 millions le 19 mars dernier), et le Gouvernement maintient le cap aux côtés de Nicolas Sarkozy qui multiplie les annonces concrètes comme le dernier plan en faveur des jeunes : 320 000 nouveaux apprentis en 2010 (primes à l'embauche et exonération de charges pour les PME) ; 170 000 nouveaux contrats de professionnalisation ; 50 000 recrutements de jeunes stagiaires en CDI ; 50 000 nouveaux contrats initiative emploi,...

Malmené dans les sondages deux ans après son élection, "l'hyperprésident" français Nicolas Sarkozy a adopté une posture de "président-protecteur" face à la crise, tout en continuant de susciter parfois l'irritation. "Comme il est très volontaire et très actif dans une période de grande crise qui inquiète les gens, il incarne une figure du capitaine dans son bateau qui tient le cap et qui est solide", analyse Gaël Sliman, directeur de l'institut de sondage BVA. "En continuant de se mettre en scène dans une posture de "président-protecteur", il se donne des billes lorsqu'il y aura un rebond économique avant la prochaine présidentielle" de 2012, dit-il. Elu le 6 mai 2007, le président français se trouve dans la situation paradoxale d'être impopulaire, mais de n'avoir pas à ce jour de rival crédible en vue d'une nouvelle candidature en 2012. Selon une enquête parue le 4 mai,  63% jugent le bilan de ses deux premières années de mandat "plutôt négatif". Mais les sondages montrent également que, si une élection présidentielle se tenait aujourd'hui, il serait très nettement favori. Et la droite continue de le plébisciter : près de 90% des sympathisants UMP le soutiennent sans complexe.

De manière évidente, les Français lui seront reconnaissants d'avoir tenu le cap. La seule réponse à la crise, c'est davantage de protection et de justice. La protection, ce sont les mesures prises depuis trois mois qui concernent au total près de 10 millions de Français. La justice, c'est la condamnation des salariés casseurs et la fin, pour les patrons voyous, des retraites chapeaux, des parachutes dorés, des stock-options et des bonus, pour une poignée de dirigeants dont l'attitude écoeure les 3 millions d'entrepreneurs qui travaillent dur.

Sans oublier, sans naïveté et fausse illusion, que la France résiste, semble t-il, mieux que beaucoup d'autres pays et bénéficie, comme le souligne si justement Jacques Marseille, d'atouts incontestables pour revenir, plus forte, après la crise :
- des enfants par milliers (« Il n'est de richesse que d'hommes. » Cette maxime, formulée il y a plus de quatre siècles par le philosophe et magistrat français Jean Bodin, n'a jamais été autant d'actualité. Avec un taux de fécondité qui dépasse désormais deux enfants par femme et des naissances qui se sont élevées en 2008 à 834 000, la France compte dorénavant un peu plus de 64 millions d'habitants, le chiffre que l'on prévoyait pour elle en 2015. Une véritable conquête pacifique de l'hégémonie qui devrait renforcer notre influence, sécuriser l'industrie du bâtiment, qui devra construire plus de 500 000 logements par an pendant quinze ans, rendre moins fragile le système de retraites par répartition, alimenter le vivier des créateurs d'entreprises, dont l'âge moyen est de 35 à 44 ans, et assurer la croissance du marché intérieur qui, en dépit de la mondialisation, reste le principal moteur de la croissance. Ainsi, avec 368 milliards d'euros, le chiffre d'affaires du commerce de détail en France devance celui de l'Allemagne (pourtant plus peuplée), qui n'est que de 348 milliards d'euros).
- l'indépendance énergétique (La France possède quatre grands groupes parmi les leaders mondiaux dans le domaine de l'énergie : Total, Areva, EDF et GDF-Suez. Grâce à son parc de réacteurs, elle atteint un taux d'indépendance énergétique supérieur à 50 %, inférieur, certes, à celui des Etats-Unis (71,3 %), mais supérieur à celui de l'Allemagne (39,2 %), de l'Espagne (21,7 %), du Japon (19,2 %) ou de l'Italie (14,9 %).
- un réseau de transports moderne (Sur le plan ferroviaire, le trafic à grande vitesse représente à lui seul la moitié du trafic européen et fait de l'industrie ferroviaire française un leader mondial, avec Alstom, qui devance Bombardier et Siemens. Autant de performances liées à l'excellence des entreprises de travaux publics françaises, qui occupent les trois premières places mondiales avec Bouygues, Vinci et Eiffage. Une vocation largement ignorée de l'opinion publique qui s'inscrit dans une tradition historique et qui, du pont de Normandie au viaduc de Millau, du tunnel sous la Manche aux chantiers titanesques de l'Amérique du Sud, de l'université de Riyad à l'oléoduc de la cordillère des Andes, assure la réputation de l'ingénierie française. Une tradition qui devrait assurer à la France une place de premier ordre dans les grands chantiers du XXIe siècle que seront la rénovation des villes et la mise au point de technologies compatibles avec le développement durable).

- le pain et le vin (Curieusement absentes de la plupart des rapports sur la mondialisation et, bien évidemment, des plans de relance du gouvernement, l'agriculture et l'industrie agroalimentaire françaises sont pourtant les plus performantes au monde. Alors que la Terre va sur ses 9 milliards d'habitants à l'horizon 2050 et que la demande de nourriture va croître, la situation climatique et pédologique exceptionnelle du territoire français, en particulier celle du Bassin parisien, une des plus grandes plaines à blé au monde, une capacité remarquable pour la production de viandes, de lait et de fromages, de fruits et de légumes, et surtout de vin, font de la France la deuxième ou troisième puissance agricole mondiale. En 2008, le solde commercial a été positif de 9 milliards d'euros, alors que le solde commercial de l'industrie automobile a été déficitaire de 3,4 milliards d'euros. A elles seules, les exportations de vin, qui représentaient plus de 30 % des exportations mondiales il y a quinze ans, contre 17 % aujourd'hui, assurent toutefois, chaque année, l'équivalent des ventes de 147 Airbus A320 ou de 273 TGV. Autant dire qu'elles mériteraient plus d'attention et de soutien... Considérée par la plupart des experts comme une activité du passé, l'agriculture est en fait un secteur de haute technologie animée de plus en plus par de jeunes managers agricoles que complète une petite agriculture à vocation écologique et territoriale).
- la culture, arme anticrise (Lieux de réflexion ou d'évasion, les espaces de culture ou de loisirs ne connaissent pas la crise. Selon un sondage réalisé entre le 13 et le 22 octobre 2008, 42 % des Français veulent consommer davantage de biens culturels alors qu'ils dépensent déjà en moyenne 1 025 euros par an en sorties culturelles. Une bonne nouvelle pour une branche d'activité qui réalise plus de 40 milliards d'euros de chiffre d'affaires et emploie plus de 470 000 personnes, soit un nombre équivalant à celui du commerce de l'automobile. Autant dire que si la « marque » France était mieux valorisée, en particulier dans le domaine des industries culturelles, elle gagnerait les points de croissance qui lui ont tant fait défaut ces vingt dernières années. Louvre, Sorbonne, Mont-Saint-Michel, autant de « marques » connues du monde entier et qui représentent des potentiels de revenus insoupçonnables. Comment expliquer autrement le fait que c'est aujourd'hui la France qui enregistre l'une des plus fortes augmentations proportionnelles d'étudiants étrangers en Europe, en particulier chinois, dont le nombre a été multiplié par neuf dans les quatre dernières années ? Pour prendre la mesure de la valeur d'une « marque pays », il suffit de voir comment Barack Obama a su capter la force de la « marque USA » pour redonner espoir à tous ceux qui s'interrogeaient sur l'inéluctable déclin de l'empire américain).
- Destination France (C'est aussi l'attractivité de cette « chère vieille France » qui explique le fait que notre pays détient la première place mondiale dans l'industrie du tourisme avec près de 82 millions d'arrivées de touristes internationaux, en croissance de 4 % par an depuis 2005. Le premier employeur de France, c'est le tourisme, qui assure un excédent de la balance des services de plus de 10 milliards d'euros, emploie près de 2 millions de salariés et pourrait créer entre 300 000 et 600 000 emplois supplémentaires. Dans les vingt prochaines années, on estime à 1 million le nombre de Chinois qui se rendront en France, des touristes qui sont parmi les plus dépensiers au monde. Paris est aujourd'hui la première place mondiale pour l'organisation des foires, congrès et Salons internationaux (294 en 2006 avec plus de 50 000 emplois).
- l'edredon social (Enfin, les Français peuvent s'appuyer plus que d'autres sur l'édredon protecteur d'un Etat qui emploie directement ou indirectement plus de 5 millions de fonctionnaires, dont le nombre, trop élevé en période où il faut lâcher les chevaux de la croissance, est un amortisseur de premier ordre quand il faut réduire la voilure. Avec 31,1 % de dépenses totales de protection sociale en pourcentage du PIB, la France est de loin le pays du monde qui protège le mieux ses citoyens. Devant la Suède (30,7 %), la Belgique (30,1 %), les Pays-Bas (29,3 %), le Danemark (29,1 %), l'Allemagne (28,7 %), l'Autriche (28,5 %), l'Italie (26,9 %) et le Royaume-Uni (26,6 %). Pour donner la mesure concrète du poids de ces pourcentages, il suffit de rappeler que 4,5 % de PIB en plus par rapport au Royaume-Uni, cela représente très concrètement 85 milliards d'euros, soit plus de trois fois les sommes consacrées au plan de relance. A elles seules, les pensions de retraite, qui ne sont pas soumises aux caprices des marchés boursiers, représentent plus de 23 % du revenu des ménages déclaré à l'impôt. Pour certaines régions, comme la Creuse, les Pyrénées-Atlantiques, la Nièvre, le Lot et le Var, elles représentent même plus du tiers des revenus du territoire, ce qui les abrite totalement des effets de la mondialisation et amortit considérablement le choc, minime, des délocalisations. Des sommes qui devraient être rappelées à l'occasion de chaque mouvement social pour montrer qu'il n'est nul besoin de relancer la consommation en France tant l'Etat-providence y pourvoit déjà largement plus qu'ailleurs).

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