Décidemment, ils sont aveugles. Peut-être définitivement. Question d'esprit formaté.
Les grèvistes, arcboutés et enfermés dans leurs conservatismes, n'ont toujours pas compris que le monde avait changé, que le monde nécessitait un mouvement permanent, que les réformes étaient
inéluctables. Et pourtant, une de plus. Une énième grève. La grève, ses slogans, ses manifestations, ses cortèges, ses revendications. Dépassés, ils défilent encore, grimés et
tambourinant. Impression désespérante de redite, de dérision, d’inutilité.
La politique quantitative a atteint ses limites : ni l’économie ni la démographie de notre pays ne demandent d’augmenter le nombre de professeurs. Ce qui n'empêche pas, d'ailleurs, de réformer
aussi les salaires : est-il normal qu’un professeur qui a passé un concours de bon niveau, à bac + 3 ou +5, avec une chance sur 15 d’y être admis, commence avec un salaire qui équivaut à 1,3
Smic ? Je ne le crois pas. Des professeurs moins nombreux, mieux payés et travaillant plus, telle est la solution de demain.
Oh, certes, comment ne pas avoir de respect pour les professeurs ? Si chacun des 1 100 000 agents de l’Education nationale a son rôle, le succès de l’ensemble repose sur le professeur dans
sa classe. C’est lui qui constitue le point fort de notre système éducatif, la cellule de base d’où tout procède. Changez les théoriciens de la pédagogie, les sociologues de tout acabit, les
commentateurs avisés, les illisibles docimologues, les professionnels du cours théorique, les énarques de l’administration centrale, les pondeurs de circulaires, les harceleurs textuels, les
ministres de passage : vous ne toucherez pas l’essentiel. Installez un mauvais professeur dans une classe : tout s’écroule.
Je les aime, mais ils ont tort. Tort de ne pas ouvrir les yeux. Tort de ne pas comprendre les indispensables réformes. Tort de ne pas accepter l'évidence : le système scolaire
français est à bout de souffle. Un exemple, un seul : dans un pays qui investit autant de confiance et de moyens dans son Education, il n'est pas concevable que 15% des élèves quittent
aujourd'hui l'école avec de graves lacunes dans la maîtrise de la lecture, de l'écriture et du calcul.
Ceux qui ont quitté le système éducatif, depuis quelque temps déjà, envisagent souvent l'école primaire comme une première étape, exigeante mais vite surmontée, qui précède les difficultés plus
sérieuses de l'enseignement secondaire ou du supérieur. Cette impression erronée se nourrit le plus souvent de la nostalgie de ces années insouciantes, dont la mémoire ne conserve, bien des
années après, que de brefs souvenirs : la mélodie obsédante des tables de multiplication, le tracé malhabile des lettres de l'alphabet sur le papier à rayures, l'angoisse de la poésie récitée
devant toute la classe.
Mais pour l'enfant qui commence à peine sa vie d'élève, la réalité de l'école est tout autre. Elle est une source continue de sollicitations nouvelles, de stimulations intellectuelles et
d'incompréhensions passagères que viennent résoudre les explications et les exercices proposés par l'enseignant. Elle est une remise en cause permanente de la perception incomplète du monde sur
lequel l'enfant avait bâti sa personnalité jusqu'alors. Nous l'oublions parfois, mais l'école primaire est toujours une étape difficile, parce qu'elle s'adresse à des êtres en devenir et parce
que son projet pédagogique est exigeant. Mais elle ne doit jamais cesser d'être ambitieuse, car c'est sur elle que repose, presque toujours, la réussite ou l'échec scolaire de l'élève. Ce n'est
pas au collège, encore moins au lycée, que se comblent les petites lacunes et les grands retards accumulés à l'école primaire. C'est l'école primaire qui donne à l'élève l'ensemble des
connaissances et des compétences essentielles qui lui permettront d'aller plus loin dans son parcours scolaire et de réussir, plus tard, son insertion dans la vie professionnelle. Affirmer
une ambition pour l'école primaire, ce n'est pas seulement rappeler la grandeur de ses origines et l'importance de sa mission. C'est lui assigner des objectifs précis quant à la réussite scolaire
des élèves. Et la réforme va dans ce sens :
- Stages d'aide personnalisé et d'accompagnement éducatif autour d'enseignants volontaires mieux rémunérés. Pour en finir avec cette inégalité choquante qui veut que seuls les enfants, dont les
parents disposeraient des moyens de les inscrire dans des cours particuliers, auraient une chance réelle d'échapper à l'échec scolaire. Ce développement de la réussite payante semble contraire
aux principes fondamentaux de l'école républicaine. Si l'école est gratuite et obligatoire, la réussite scolaire doit l'être, elle aussi.
- Recentrer l'école sur les enseignements essentiels. Pendant des années, on n'a cessé de vouloir augmenter le nombre des connaissances, des compétences et des informations que les enfants
devaient recevoir de l'école, sans se soucier de la cohérence pédagogique de ces apprentissages. Les programmes eux-mêmes étaient devenus trop longs, trop lourds, trop illisibles. La
réforme concerne toutes les disciplines, mais elle est particulièrement sensible dans les domaines du Français, de l'Histoire et des mathématiques : enseignement de la grammaire,
du vocabulaire et de l'orthographe, pratique de la récitation et de la rédaction, maîtrise parfaite des quatre opérations avant d'entrer au collège, repères chronologiques fondés sur la
connaissance des grandes dates de l'histoire de France,...
- Aprentissage de l'instruction civique et morale qui remplace l'éducation civique. Cet enseignement permet à l'enfant de découvrir progressivement les valeurs, les principes et les règles
qui régissent l'organisation des relations sociales, depuis l'observation des règles élémentaires de civilité jusqu'aux règles d'organisation de la vie démocratique. Il inclut la connaissance des
symboles de la République française et les traits constitutifs de la Nation française, du projet européen et de la francophonie.
La réforme de l'école ne mérite pas une grève, ne mérite plus ces inutiles conflits. C'est le contrat social éducatif qui est en jeu. Transmettre le savoir, c'est guider l'élève
vers une forme de liberté et une forme de responsabilité et c'est prendre en même temps, au nom de la société tout entière, l'engagement moral de ne pas échouer dans cette mission. Tous, nous
avons un devoir de réussite pour l'école primaire. Puisse Xavier Darcos tenir bon et continuer !
Que Barack Obama soit un bon président, c'est, évidemment, ce que je souhaite pour
les Etats-Unis comme pour le monde. Mais, pitié, cessons les commentaires naïfs pétris d'arrogance française. Obama a été élu parce qu'il "incarnait le changement et non parce qu'il
était noir", comme l'a si bien dit Nicolas Sarkozy. Les Américains ont clairement voulu tourner la page des années Bush. Ils ont cherché son exact opposé. "Contrairement à toutes les
interrogations en France, avant le scrutin, la question noire n’a joué aucun rôle, ni pour ni contre, ce n’était tout simplement pas le sujet. Les électeurs ont majoritairement pensé qu’Obama
était le meilleur pour les sortir de la crise économique, de l’impasse écologique, du bourbier diplomatique. Pour l’image des Etats-Unis, c’est une formidable opération : dans le monde entier,
les Américains ont gagné vingt points de popularité en une nuit" analyse Hubert Védrine, avocat international et ancien ministre des Affaires étrangères du gouvernement Jospin de 1997 à
2002.
Ah la gauche française ! Trois fois
défaite lors des dernières élections présidentielles (1995, 2002 et 2007), muette et cacophonique, elle s'enferme dans un nombrilisme forcené à quelques jours du vote interne, prévu le 6
novembre. Et à y regarder de plus près, la campagne interne du Congrès du Parti socialiste, qui devait tourner la page des années Hollande, le brillant Premier secrétaire élu, sans
discontinuer, depuis Brest (1997) jusqu'au Mans (2006), intrigue par sa recette au goût moisi : faire du très vieux avec du vieux. Enfermés dans un archaïsme hallucinant et un conservatisme à
toute épreuve, noyés dans la polyphonie des égo, les quatre principaux candidats au poste de Premier secrétaire semblent avoir oublié que nous avions changé de siècle.
Sous l'empire de la crise économique la plus violente qu'on ait connue depuis 1945,
provoquée par le dogmatisme mondialiste et ultra-libéral, il est temps de tirer quelques leçons d'un des évènements les plus importants de ce début de siècle :
Pour les derniers naïfs qui doutaient de la
nécessité d'affirmer haut et fort les valeurs de la République et de conforter l'intransigeance de l'Etat de droit quand il est à ce point méprisé, qu'ils s'interrogent, une fois encore, sur les
évènements survenus à Tours en fin de semaine dernière. Jeudi, le Tourangeau William Affoyon, porte-parole local du groupe extrémiste tribu Ka, est interpellé pour diffusions de propos injurieux
et orduriers, à caractère raciste et antisémite, après avoir "oublié" de se présenter, le matin même, devant le tribunal correctionnel pour outrages à magistrat. Dans les minutes qui suivent,
quatre de ses amis se présentent devant le commissariat, promettent de "revenir armés pour libérer leur frère", multiplient les menaces de mort et les provocations devant les policiers,
bousculent une femme enceinte et empoignent un policier avant d'être, enfin, interpellés et placés, eux aussi, en garde à vue, avant d'être une fois de plus relâchés. On apprendra plus tard que,
dans la matinée, ils s'en étaient pris à un cabinet d'avocats non loin du palais de justice. "On a eu de la chance, mais aussi très peur" reconnaît la jeune avocate, Aude Gruninger-Gouze
qui témoigne dans la Nouvelle République : "j'ai trouvé un homme noir baraqué devant moi, menaçant. Je l'ai prié de sortir, il ne voulait pas. (...) Entre-temps, un deuxième homme est arrivé.
Avec l'aide d'un client costaud, nous les avons fait partir après que le deuxième a uriné dans l'escalier".
D'aucuns le présentaient comme la figure montante de la
politique française, un jeune facteur au verbe haut et au visage poupin, le pourfendeur intrépide de l'hypercapitalisme et des parachutes dorés, le protecteur de la veuve des services publics et
de l'orphelin des marchés financiers. Nombreux étaient ceux qui faisaient de lui le seul opposant crédible à Nicolas Sarkozy, le futur remplaçant de Ségolène Royal. Fort de ses 4% des
suffrages obtenus lors des élections présidentielles de 2002 et 2007, le drapeau rouge de Neuilly devait, inéxorablement, se substituer à la tunique bleue du Poitou. Mais le porte-parole de
la LCR a achevé de révéler, ce week-end, aux yeux des derniers naïfs de la France des bobos et des gogos, ce qu'il était au fond. Un archéo-marxiste, le plus ringard des paléo-trostkystes :
le compagnon de route de l'ultra-gauche, fascinée par la lutte armée et les terroristes d'Action directe.
"
Deux mois après l'ouverture des réflexions sur l'avenir de la Poste, les 300 000 salariés de l'établissement public étaient appelés aujourd'hui à se mobiliser pour obtenir un débat
public sur le sujet. La Poste n'est pas une entreprise comme les autres, c'est une évidence. Avec ses 12 000 bureaux répartis sur tout le territoire, elle constitue l'un des derniers services
publics de proximité. Ce qui se joue dans les mois qui viennent, c'est la capacité de l'entreprise à se doter des moyens pour s'adapter à temps à l'ouverture totale de ses marchés, imposée
par Bruxelles dès 2011. Cette année-là, des concurrents, comme la Poste allemande, pourraient s'attaquer sérieusement au marché français. Or, La Poste a cruellement besoin de se moderniser si
elle veut passer ce cap difficile : perte du monopole de distribution du Livret A qu'elle partageait avec l'Ecureuil au 1er janvier prochain, besoin croissant des entreprises, investissements
lourds pour les services colis et express,... Au total, le président de La Poste, Jean-Paul Bailly, chiffre l'addition à 3 milliards d'€, soit dix fois la capacité d'investissement générée chaque
année, ce qui rend incontournable la nécessité d'ouvrir le capital.
La liberté dans le
domaine économique constitue évidemment le socle de tout système viable. La liberté de créer, la liberté d'entreprendre, la liberté de vivre des fruits de son travail représentent des valeurs
fondamentales et positives à préserver et à promouvoir. Et l'intervention permanente et excessive de l'Etat tout comme la hausse régulière des taxes, des impôts et des charges
asphyxient depuis trop longtemps notre système économique.
"Fille aînée de l'Eglise", mais également héroïne du combat laïque, la France ne reçoit jamais un pape dans l'indifférence. Le volcan excessif de la libre pensée jette à chaque visite
sa lave dans les eaux sages et profondes de notre héritage chrétien : au milieu trône, paisible et rassembleur, l'idéal français et républicain qui permet de faire coexister Jeanne d'Arc et le
père Combes, ceux qui croient au ciel et ceux qui n'y croient pas. Cet idéal que nous défendons tous comme ciment de notre "vivre ensemble" porte, encore plus aujourd'hui qu'hier, un nom
inventé il y a des siècles : la laïcité !
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