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Jeudi 12 novembre 2009

 De la porte de Brandebourg à l’Arc de  triomphe. 9 et  11 novembre. En deux jours, deux  monuments, deux  symboles, deux guerres, deux  chefs d’Etat, deux  pays. Mais une histoire commune.
 9 novembre d’abord : un anniversaire, celui  des  vingt ans de la chute du mur. Ce mur de la honte  érigé au milieu de la capitale allemande pendant plus  de vingt-huit ans, encadré par la tristement célèbre  Stasi, magnifiquement mise à nue dans le superbe  film "la Vie des autres", sorti en 2006. La chute du  mur, c’est la chute d’une idéologie dévastatrice, la fin  de l’affrontement de deux blocs. C'est la mort du communisme et ses dizaines de millions de morts, et la fin d'un siècle si cruel aux idéologies odieuses et insupportables, qui fit naître, folies des hommes, le nazisme et le communisme.
11 novembre ensuite : un armistice, celui de la Première Guerre mondiale. Cette Grande Guerre qui faucha 9 millions d’hommes et engendra 8 millions d’invalides. La guerre des tranchées et l’après-guerre des gueules cassées. Pour la première fois hier, les cérémonies de commémoration se sont déroulées sans poilu, dans un sobre face-à-face avec la tombe du soldat inconnu. Souvenons-nous, le dernier survivant au prénom si éloquent et au nom si chantant, Lazare Ponticelli, est mort l’an dernier.

L’actualité de cette semaine nous offre une parenthèse historique, qui nous permet de sortir du flot des polémiques récentes. En plein débat sur l’identité nationale, voilà une manière de nous rappeler d’où nous venons et ce que nous devons aux générations d’hier. Commémorer, un verbe qui rappelle hier et construit demain. 

Par gp - Publié dans : vie nationale
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Lundi 19 octobre 2009
Cinq mois. Cinq mois, c’est court. C’est le temps qu’il nous reste avant le prochain grand scrutin national : les élections régionales de mars. Cinq mois pour que la majorité et le chef de l’Etat se tournent entièrement vers les Français. Pour faire oublier les polémiques parisiennes qui desservent notre action. Le Président l’a bien compris, les électeurs de droite sont déboussolés par les récentes polémiques et les dernières réformes. Et, même si je me réjouis de ce succès pour notre famille politique, ce n’est pas la courte victoire, hier soir, de David Douillet, dans une circonscription très conservatrice, qui inversera la tendance. Aujourd’hui, nos électeurs sont dans le brouillard. Le temps de la campagne présidentielle, le candidat Sarkozy avait courageusement proclamé qu’il fallait en finir avec mai 68. Mais, hélas, en ces temps-ci, à Paris, le pouvoir semble préférer les bobos aux populos, les écolos aux ruraux, les gadgets « hors sol » aux réformes profondes et courageuses. Oh, certes, la critique est facile et l’art si difficile. Mais Nicolas Sarkozy a suffisamment de talent et de volonté pour se remettre en selle. Avec lui, nous devons revenir aux fondamentaux de la campagne présidentielle. Tradition et modernité. Patriotisme et ouverture. Courage et volonté. Et tourner la page. 

- Tourner la page « bobos ». En mai 2007, Nicolas Sarkozy, fraichement élu, obtenait 65% de bonnes opinions chez les classes populaires. Neuf mois plus tard, en février 2008, il n’était plus que 38% à lui accorder une note positive. La faute à la désormais fameuse « people-isation » qui avait eu raison du peuple. Automne 2008, autres temps, autre mœurs. La crise vient frapper les esprits et les économies, mondiale, européenne et française. A la faveur de ce contexte de crise, Nicolas Sarkozy endosse le costume de chef de l’Etat et ne cédera plus à l’appel du people. Il renoue avec le peuple et sa cote remonte en flèche. 

Aujourd’hui c’est une autre tendance qui se dessine : la « boboïsation. » Ou ce qu’Eric Zemmour appelle, lui, la « carla-isation ». Appels du pied aux écolos-bobos, sympathie affichée pour le symbole de mai 68 Cohn-Bendit, et puis les trois affaires Polanski, Mitterrand neveu, Sarkozy fils. Ou comment le microcosme parisien s’auto-promeut, s’auto-émeut et s’auto-défend… Et le peuple de droite ne nous accorde plus qu’à 29%, son opinion favorable (IFOP-JDD, octobre 2009)! 

 

- Tourner la page « écolos ». L’idée, sur le papier, était belle. Diviser pour mieux régner. Faire « monter » les Verts pour « diminuer » les socialistes.  A deux détails près : la manœuvre est cousue de fil blanc (Mitterrand l’a fait avec Le Pen ; Sarkozy avec Besancenot) et surtout il manque cette fois-ci avec les Verts, un élément essentiel : la diabolisation. Car aujourd’hui, qui a peur des Verts ? Les politiques, les médias font assaut de ferveur écolâtre. Yann Arthus-Bertrand et Nicolas Hulot sont les nouveaux gourous. La taxe carbone va sauver l'humanité souligne Alexis Brézet dans son éditorial, Le péril Vert.
Alors dans les faits, la manœuvre devient boomerang, elle se retourne contre ses auteurs : certes, elle permet d’éliminer la gauche d’un second tour à Rambouillet, mais elle fait trembler la droite, au second tour. La circonscription de Mme Boutin n’est conservée que de cinq petites voix d’avance. Comme si les électeurs de droite avaient pris au mot leurs dirigeants. On a donné à l’électeur de droite un permis de voter écologiste, il s’en est servi. Ce sérieux avertissement nous offre l’occasion de redresser le tir : en témoignent les voix dissonantes qui se font désormais entendre, à commencer par celle de Luc Ferry. Dans une chronique très enlevée Monsieur Hulot ou la stratégie de la chauve-souris : de quelle écologie voulons-nous au juste devenir les apôtres ?, l’ancien ministre décrypte avec brio nos choix d’avenir. Il y a deux écologies d’inspirations bien différentes entre lesquelles les politiques devront choisir : d’un côté, une écologie de la peur, dont la logique médiatique fait merveille mais qui rejoint toujours in fine le mythe de la croissance zéro. De l’autre une écologie de la science, intellectuellement plus exigeante, mais qui, seule, est susceptible de nous tirer d’affaire en réconciliant économie moderne et développement durable. » Que n’a-t-on entendu ce discours là plus tôt ? La droite gagnerait tant à se démarquer de l’écologie de gauche idéologique, néfaste, sectaire et autoritaire. Oui, il existe une politique de l’écologie intelligente, ouverte, novatrice, fondée sur la croissance, le progrès et le libre choix !

 

- Tourner la page des mesures-gadgets « hors-sol », ces réformettes, médiatiques à Paris mais jugées dramatiques par le peuple, qui séduisent l’Ile-de-France mais pénalisent le reste de la France. Ainsi en est-il de la taxe carbone, jugée comme une mauvaise chose par 59% des Français, de la cagnotte pour récompenser la … présence scolaire à laquelle 69% des sympathisants de droite sont opposés, ou de la nomination de Jean Sarkozy, un non-sens pour 64% des Français. Ajoutons à cela la réforme des collectivités territoriales qui passe mal, auprès des grands élus (c’est se foutre du monde dixit Alain Juppé) comme des « petits » élus locaux, sans porte-parole, qui voient leurs territoires ruraux abandonnés.

Les motifs d’inquiétude sont là. Mais les signes de redressement aussi ! Nicolas Sarkozy est excellent quand il choisit le chemin de la France, le chemin d’une droite républicaine, populaire et sociale. Excellent quand il se rend en visite surprise à Gandrange. Excellent quand il déclare avec fermeté dans le Figaro : « Il ne faut pas confondre le climat du milieu médiatique, qui est par construction politisé et agité, avec la réalité de la société française qui attend du gouvernement qu'il apporte des solutions concrètes aux problèmes des Français ». Ne pas confondre, certes, mais surtout ne plus donner l’impression d’accorder plus de valeur à la société médiatique qu’à la réalité politique. Alors, oui, apporter des solutions concrètes aux problèmes des Français, c’est la ligne qu’il faut continuer à se fixer.  Et ne plus s’en démarquer.  

Sauvés par le nouvel ordre médiatique où une nouvelle polémique chasse l’autre plutôt que s’y superpose, Nicolas Sarkozy et nous tous, Français de droite, nous devons tirer les leçons de ces dernières semaines.

Oui, nous estimons, et soutenons sans réserve, le Président quand il se veut réformateur, audacieux, ouvert d’esprit, fermé au politiquement correct, briseur de tabous, fonceur à l’international, solide au national ! 

Les Français veulent un Président qui avance, qui réforme, qui parle aux Français. Un Président politique. Un Président qui soit la France.

 

Par gp - Publié dans : vie nationale
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Lundi 24 août 2009

 

Même la gauche n'en revient pas et salue l'intelligence d'un tel rassemblement ! Dès le 14 août, sur France-Info, l'un des patrons du PS, le secrétaire national à l'Economie Michel Sapin estimait que la droite, en s'alliant avec Frédéric Nihous et Philippe de Villiers, "copiait avec intelligence ce que le Parti socialiste avait fait aux précédentes élections régionales. La droite a une stratégie intelligente, celle du rassemblement dès le premier tour. C'est ce que nous avions d'ailleurs fait aux dernières élections régionales et ça avait été une des causes, peut-être même la cause principale, de notre très grande victoire. (...) Aujourd'hui, la gauche, elle, n'est pas exactement dans la même situation, elle a plutôt tendance à se disperser, et la dispersion du premier tour, c'est assurer à la droite d'être en tête partout au premier tour, donc il faut réagir".


En plein coeur de l'été, Nicolas Sarkozy a frappé un grand et joli coup. Après avoir révolutionné le corpus idéologique de la droite lors de la campagne présidentielle de 2007 autour des deux principes de l'ordre et du mouvement (cf. post précédent), le Président de la République a rénové l'assise électorale de la droite : un grand parti, l'UMP, véritable corps central, fort de ses quelques 300 000 militants, de ses milliers d'élus locaux, ou encore de ses 500 parlementaires, dont il a fait une puissante machine autour de laquelle gravitent de nombreux satellites plus ou moins puissants qui ont valeur de symbole autour d'un concept très mitterrandien, l'ouverture. Ouverture à gauche et au centre dès le début du quinquennat : Eric Besson et Jean-Marie Bockel au gouvernement, tout comme Hervé Morin ou Michel Mercier ; ouverture à droite au lendemain des européennes au président du Conseil général de la Vendée et aux chasseurs.

La carte politique française s'est donc considérablement simplifiée ces dernières semaines autour de cinq blocs :
- l'ultra-gauche (LO, NPA,  et le PC comme le Parti de Gauche de Jean-Luc Mélanchon qui hésitent encore entre l'extrême-gauche et les accords avec les PS) - 12% aux européennes de 2009
- la gauche (PS, PRG (malgré l'éventuelle entrée au gouvernement du radical corse Paul Giacobbi), et les Verts) - 33% aux européennes de 2009
- le Modem (qui, selon Marielle de Sarnez lors de l'université de Vincent Peillon le 22 août dernier, pourrait intégrer une maison commune des opposants à Nicolas Sarkozy) - 8,5% aux européennes de 2009
- la droite (UMP, Nouveau Centre, Progressistes, Gauche Moderne, Parti Chrétien-Démocrate, Radicaux, Droite libre, souverainistes et CPNT), sans oublier Nicolas Dupont-Aignan qui, avec Debout La République, reste indépendant du parti présidentiel et pourrait tirer avantage de son positionnement, à l'image de Jean-Luc Mélanchon à gauche, en s'appuyant sur son score des européennes (près de 300 000 suffrages) - 35% aux européennes de 2009

- le FN qui revient, avec Marine Le Pen, sur la ligne ni droite, ni gauche du parti des années 1990 avec des thématiques plus sociales qu'identitaires, comme les observateurs l'ont souligné lors de la campagne municipale d'Hénin-Beaumont - 7% aux européennes de 2009

"Au PS, serions-nous les derniers sectaires ?" s'interrogeait le brillant Vincent Peillon dans les colonnes du Parisien le 14 août dernier. Et d'ajouter : "toutes les grandes victoires politiques ont supposé l’invention d’un nouveau système d’alliance. Cela a été le cas pour François Mitterrand, qui a su imposer à la SFIO mourante le processus d’Epinay, l’union avec le PC, ou pour Lionel Jospin avec la gauche plurielle. Aujourd’hui, nous devons construire avec tous les républicains de progrès une nouvelle alliance majoritaire qui va des communistes au MoDem. (...) L’espoir est là.
Voyons ce que fait Nicolas Sarkozy qui, après avoir manié les thématiques du Front national et ouvert à gauche, va chercher les chasseurs et Villiers. Enfin quand même ! Est-ce que nous serions les derniers sectaires et dogmatiques ? Nous nous laisserions voler l’unité et le rassemblement ?"

Contre tous les sectarismes et les étroitesses d'esprit, et autour d'un projet de société solide et visionnaire, l'unité et le rassemblement sont toujours des valeurs positives. Comment, en effet, ne pas applaudir et se réjouir de voir figurer au sein d'un même Comité de la majorité présidentielle des personnalités aussi diverses et variées que Jean-François Copé, Eric Besson, Christine Boutin, Hervé Morin, Philippe de Villiers (pourquoi avoir attendu l'échec des européennes alors que la cohérence et l'efficacité commandaient un tel rapprochement dès le lendemain du premier tour de l'élection présidentielle ?), Jean-Marie Bockel, Jean-Louis Borloo ou Brice Hortefeux ?

Seuls ceux qui n'ont pas confiance en eux ont peur des autres. Moi, je suis assez sûr de mes convictions, de leur actualité, de leur avenir, pour ne pas craindre de larges rassemblements indispensables aux réformes profondes et difficiles que nous aurons à conduire demain !

 

Par gp - Publié dans : vie nationale
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Samedi 18 juillet 2009
Le candidat l'avait promis, le Président l'a-t-il fait ? Nicolas Sarkozy fait-il ce qu'il dit et dit-il ce qu'il fait ? A travers ces questions, il ne s'agit pas ici de procéder à un recensement exhaustif de toutes les mesures faites pendant la campagne présidentielle, ce travail étant déjà réalisé avec sérieux et précision par de nombreux sites, à l'aide de baromètres en tous genre et de notes à tout va. Après avoir choisi notre candidat à l'aide d'un bulletin de vote, l'on se plait à remplir le bulletin de notes du Président. La question du bilan du Président de la République mérite d'être posée, et peut être analysée selon trois échelles : son action sur la scène mondiale, son action au niveau européen et son action en France.

Sur la scène mondiale d'abord. Le début du quinquennat a été marqué par un virage atlantiste mal compris et mal venu. Vacances outre-Atlantique, volonté d'ouvrir une «nouvelle ère» avec les Etats-Unis et promotion de relations franco-américaines idylliques, malgré des évidentes différences sur la politique étrangère entre la France et les Etats-Unis. Atlantisme atténué au fil des mois jusqu'à ce que Nicolas Sarkozy réintégre la France dans le commandement militaire intégré de l'Otan. Sarkozy l'Américain a changé : il porte, avec force et convictions, l'image d'une France forte et active sur la scène internationale. Les différentes crises en Europe de l'Est, en Afghanistan et au Proche-Orient ont modelé un Président plus pragmatique. La France ne doit-elle pas rester une puissance d'équilibre, une puissance de contre-poids face à toutes les hégémonies et porter la parole des Nations libres du monde ? Dans le même temps, peut-on, aujourd'hui, au XXIème siècle déserter le commandement militaire de l'OTAN alors que nos troupes servent, par milliers, sur de si nombreux théâtres d'opération ? L'influence de ses conseillers, Henri Guaino comme Max Gallo, lui a permis de rééquilibrer avantageusement sa politique étrangère, dépoussiérée et indispensablement indépendante. La politique étrangère de la France se doit d'être d'inspiration gaullienne. 
Dans ce domaine, un autre chantier reste à mettre à l'actif du Président de la République, c'est l'Union pour la Méditerranée qu'il appelle de ses vœux. Cette belle idée consiste à réunir les pays riverains de la Grande Bleue et les 27 de l'UE afin de mettre en œuvre une politique commune dans les domaines de l'énergie, de l'environnement, de la gestion des flux migratoires, domaines dans lesquels les enjeux sont de taille : politique de l'eau, dépollution, co-développement,... le partenariat avec la Turquie doit se faire dans ce cadre et non par une adhésion à l'UE.
Au niveau européen, force est de reconnaître le volontarisme du chef de l'Etat lors de la crise financière de l'automne dernier : plans de relance, fonds souverains, sommets européens et mondiaux, personne ne pourra reprocher à Nicolas Sarkozy de ne pas avoir été à la manœuvre et à l'initiative. Et Nicolas Sarkozy a su tirer profit du bilan de la Présidence française de l'Union européenne : les résultats du scrutin européen de juin dernier le démontrent. Le traité de Lisbonne, dont la ratification se poursuit malgré le non irlandais, est censé permettre une Europe plus politique que technocratique. Mais rédigé avant la crise financière, il ne permet pas la mise en œuvre des mesures nécessaires de protection économique, de régulation et de transparence financières pour l'élaboration d'un nouveau capitalisme « moralisé ». 
Sur la question de l'élargissement, Nicolas Sarkozy a, à de multiplies reprises, réaffirmé son opposition à l'adhésion de la Turquie à l'UE. La récente nomination de Pierre Lellouche, connu pour ses prises de position en faveur de l'intervention militaire en Irak comme de l'adhésion turque, est apparue incohérente. Jusqu'à ce que ce dernier, dans un entretien à l'Express, ait clarifié ses intentions : « Ma position est celle du gouvernement. Il n'y a qu'une ligne et je l'appliquerai » et insisté : « la Turquie avec l'Europe, mais pas dans l'Europe. » Dont acte.

Enfin, à l'échelle de la France. Que de changements depuis mai 2007 ! Entre le Nicolas Sarkozy bling bling qui collectionne les Une de la presse people (il a lui-même reconnu "avoir commis des erreurs" au début du quinquennat - le Nouvel Observateur, 2 juillet 2009), et le Président si efficace et si volontariste qui enchaine les réformes à un rythme effréné et qui parcourt le monde et la France à la recherche de solutions concrètes aux problèmes de nos compatriotes ! Que de changements aussi avec ses prédécesseurs à tel point qu'aujourd'hui, la principale critique émise par l'opposition à l'égard du chef de l'Etat est « de trop en faire »... Que de changements enfin avec le passé. Nicolas Sarkozy avait promis d'être le candidat de la rupture, qu'en est-il vraiment ? Promesses tenues pour la modernisation des institutions, le soutien aux PME et au monde de l'entreprise, la baisse de la TVA, la relance du pouvoir d'achat, une gestion plus ferme des flux migratoires, la réforme de la justice, la baisse de la fiscalité, l'autonomie des universités ou encore du service minimum à l'école et dans les transports. Promesses tenues pour la vie politique en générale qui passe par l'ouverture, la prise de risque, la volonté de bousculer les lignes ou encore l'instauration de la culture du résultat. Un bémol toutefois : Nicolas Sarkozy n'a pas rompu avec l'idée fausse pourtant largement répandue selon laquelle la culture serait de gauche. Et ce n'est pas la nomination de Frédéric Mitterrand qui rétablira l'équilibre. Ce dernier a pris la défense du rappeur Orelsan et de sa chanson « sale pute », le comparant à ...Rimbaud ! Peut-être que le nouveau ministre de la Culture fera ériger une statue d'Orelsan, comme son oncle François, alors Président de la République l'avait fait pour l'auteur des Illuminations et du Dormeur du Val....

Il reste un peu plus d'une moitié de mandat pour Nicolas Sarkozy pour poursuivre sa politique et compléter les réformes indispensables à notre pays. A ses côtés, nous devons soutenir la majorité présidentielle pour développer une politique forte et courageuse fondée sur deux piliers fondamentaux : la politique de l'ordre, c'est-à-dire des valeurs, des repères, de l'autorité, du mérite, du travail, de l'effort, des convictions et la politique du mouvement, c'est-à-dire l'innovation, l'ouverture, le dialogue, la réforme, l'indulgence, le respect, l'action.

Deux piliers - ordre et mouvement - et un fil directeur : du sens, c'est-à-dire le Bien commun, l'intérêt général, la France. La "chose publique" ne saurait être assignée à une technologie du pouvoir aux mains des importants, des habiles et des rusés. Il lui faut, au contraire, s'enraciner dans l'existence et le réel, et la féconder pour lui donner du sens. Comme l'écrit Vincent Peillon, député européen socialiste et agrégé de philosophie, dans son passionnant "Jaurès et la religion du socialisme", citant le député des mineurs de Carmaux : " le courage , c'est d'être tout ensemble, quel que soit son métier, un praticien et un philosophe".

Le défi de demain, le nôtre, c'est de retrouver l'inspiration, le souffle, la flamme qui font tant défaut aujourd'hui où nul n'ose plus tracer la perspective au-delà de l'horizon court des conjoncturistes, comme si nous étions réduits, dans nos mobiles, nos motifs, nos élans, nos envies, nos désirs, à la sèche prudence des juristes, à l'économe froideur des statisticiens, à la pesante et prétentieuse tristesse des administrateurs. Politique et mystique, comme le proclamaient Jaurès et Péguy, sont inséparables. A l'aube d'un siècle nouveau, le Président doit tracer un chemin, développer un élan et offrir une espérance !

Par gp - Publié dans : vie nationale
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Vendredi 12 juin 2009

 




Le scrutin européen du 7 juin dernier appelle des commentaires particuliers tant les résultats sont riches en enseignements. Une mise en garde d'importance, toutefois : tirer des conclusions hatives du seul scrutin européen constitue toujours une erreur majeure à laquelle, me semble t-il, nombre de commentateurs de la vie politique française n'ont pas échappé. Les leçons du passé n'ont toujours pas été retenues : la percée des Verts dans les années 1980, celle des souverainistes dans les années 1990, par exemple, n'ont jamais, ou si peu, été suivies d'effets par la suite. Prudence, donc !

Ce préambule effectué, nous pouvons effectuer une analyse détaillée approfondie.

En France, d'abord, la victoire de l'UMP est nette :

- la majorité présidentielle arrive nettement en tête, inverse le rapport de force des élections européennes précédentes de 2004 (le PS avait rassemblé près de 29% des suffrages quand le parti d'Alain Juppé obtenait 16% des voix), approche le score historique de Nicolas Sarkozy obtenu au premier tour de l'élection présidentielle et affirme, de manière écrasante, son hégémonie sur la droite de la droite qui n'obtient que 10% des voix quand elle dépassait les 20% en 2004 et les 30% en 1999. Le recul du FN (quoique stabilisé dans le Nord-Ouest) et le tout petit score de Libertas (4,6%, malgré les Pays-de-la-Loire et Poitou-Charentes, quand le MPF et CPNT totalisaient plus de 9% en 2004) illustrent la capacité du locataire de l'Elysée à incarner la synthèse de la France du Oui et du Non. A lui de poursuivre le rythme des réformes : quand la France veut, Sarkozy peut, ou l'inverse... Les Français ont plutôt validé la première partie du quinquennat. Même si la droite populaire, et c'est inquiétant, a nettement décroché.

- le Modem a, certes, échoué mais quelle imprudence aveugle dans les différents commentaires entendus ici ou là ! Non, François Bayrou n'est pas mort, loin s'en faut. Près de 70% de son électorat s'est abstenu selon les différents rapports de la SOFRES ou de CSA, chiffre qui démontre la grande capacité de rebond dont dispose le Béarnais s'il saisit la leçon européenne pour bien préparer les régionales en incarnant une alternative de fond, et non de simple forme, à l'actuelle majorité. La très forte mobilisation des "bobos" citadins (27,5% pour Cohn-Bendit à Paris !!), ses mauvaises prestations dans la dernière semaine (mauvais joueur contre les sondages, égocentré sur 2012,...) et l'opportune diffusion devant près de 9 millions de téléspectateurs du film Home ont détourné, provisoirement selon moi, ses électeurs de la troisième force qu'il prétend incarner.

- A gauche, les forces sont éclatées comme l'était la droite dans les années 1990 : une gauche radicale qui refuse de gouverner (6% pour le NPA et LO), une ultra-gauche qui fait une percée grâce à la campagne dynamique de terrain de Jean-Luc Mélenchon (6% pour le Front de Gauche), Europe-Ecologie (qui, ne l'oublions pas, rassemblait les Verts, les amis de José Bové et ceux de Nicolas Hulot) jubile (plus de 16% des voix) et le PS souffre d'un réel manque de mobilisation et de leadership. Le grand défi de demain pour la rue de Solférino : sa capacité à créer une maison commune de la gauche ouverte à la fois au Front de Gauche et aux centristes, avec des porte-parole renouvelés, tels Peillon ou Filippetti, et un projet audacieux... Seule bonne nouvelle pour la gauche : un Besancenot "cornérisé" par la dynamique de Mélenchon, plus ouvert que l'excessif facteur à la négociation...

Dans les circonscriptions inter-régionales, le PS subit un sérieux revers mais reste favori pour les élections régionales de mars 2010 :

- Ile-de-FranceLe PS y subit une cuisante défaite, en étant largement devancé par la liste Europe Ecologie de Daniel Cohn-Bendit (20,87 %, quatre sièges). Menée par les ministres Michel Barnier et Rachida Dati, la liste UMP obtient 29,59 %, contre 17,79 % en 2004. La liste PS, menée par Harlem Désir, n'obtient que 13,57 %, contre 25,02 % en 2004. Le porte-parole du PS, Benoît Hamon, député européen sortant n'a pas été réélu. Comme dans le reste de la France, le MoDem a subi un revers (8,53 %), seule Marielle de Sarnez étant réélue. Enfin, Libertas perd la moitié des voix obtenus par Paul-Marie Coûteaux en 2004 et franchit, à peine, les 3% devançant d'un cheveu la liste de Nicolas Dupont-Aignan qui obtient un honorable 2,5% (et près de 2% et 300 000 suffrages au niveau national).

-
Nord-Ouest : L'UMP arrive largement en tête avec 24,22 % et quatre élus, et double quasiment son score de 2004. Le PS est devancé dans les quatre régions de la circonscription (Nord-Pas-de-Calais, Picardie, Basse et Haute-Normandie), pourtant toutes dirigées par des socialistes. Europe Ecologie a presque doublé son score (12,10 % contre 6,83 %, un élu) et le Front national est en légère baisse (10,18 % contre 12,86 %, un élu), mais Marine Le Pen est réélue au Parlement européen. Le FN obtient dans cette région le meilleur score national du parti. Le MoDem (8,67 %) et le Front de gauche (6,84 %) comptent chacun un élu.

- Ouest : 
Retournement de situation cinglant pour le Parti socialiste, qui était arrivé en tête en 2004 : dans tous les départements, l'UMP remporte la majorité des suffrages. La majorité présidentielle menée par Christophe Béchu remporte ainsi 3 sièges, devant le PS (19 %, 2 élus). Europe Ecologie remporte 2 sièges, avec notamment l'élection au Parlement européen de Yannick Jadot, ancien de Greenpeace. La tête de liste du MoDem, Sylvie Goulard, est élue. Enfin, Philippe de Villiers conserve son siège de député européen, grâce à un bon score sur ses terres (33% par rapport aux 38% de 2004).

- Centre Massif Central : avec 28,51% des voix, l'UMP arrive largement en tête devant le PS (près de 18%) et les Verts (13,5%). 3 sièges pour la majorité présidentielle portée par Brice Hortefeux, 1 siège pour le PS et 1 pour Europe-Ecologie. Le Modem n'atteint pas la barre des 10% (8,1%), juste devant le Front de Gauche. Et Libertas ne franchit pas le seuil des 5% malgré le soutien des chasseurs (2,5% en 2004). A noter le score surprenant des écologistes indépendants de Francis Lalanne, Antoine Waechter et Partice Drevet qui récoltent près de 3,5%, comme au niveau national : Home, sweet Home...

- Sud-Ouest : 
Avec moins de 18 % des voix, le Parti socialiste s'est là aussi effondré : il devra se contenter de deux sièges. La liste UMP de Dominique Baudis réussit vraiment son pari : le patron de l'Institut du Monde Arabe (IMA) est arrivé en tête avec près de 27 % des voix, et envoie 4 élus au Parlement européen. Les écologistes conduits par José Bové ont, comme au niveau national, fait une percée significative en récoltant 15,7 % des suffrages et 2 sièges. A Bordeaux et Toulouse, ils ont même obtenu respectivement 22,34 % et 22,04 % des suffrages. Le MoDem, conduit par le président du Credoc, Robert Rochefort, ne parvient pas à faire mieux que 8,6 % (1 élu), devançant d'un cheveu la liste Front de gauche (8,15 %), conduite par Jean-Luc Mélenchon. Le sénateur de l'Essonne devrait donc abandonner le Sénat pour le Parlement européen.

- Est :
 Joseph Daul, tête de liste de l'UMP, sortant dans l'Est, a été réélu avec 29,30 % des voix (4 sièges), devançant largement les listes PS (16,89 %) et Europe Ecologie (14,52 %), conduites par Catherine Trautmann et Sandrine Bélier. Le MoDem a fait à peine mieux que le Front national (9,43 % contre 7,66 %, un siège chacun).

- Sud-Est : 
La liste UMP, conduite par Françoise Grossetête, députée sortante, réalise un bon résultat, avec 29,5 % des voix, et envoie cinq élus à Strasbourg. La liste PS conduite par Vincent Peillon réalise un score décevant et ne remporte que 2 sièges ; le député sortant avait abandonné sa région Picardie pour se présenter dans le Sud-Est. La bonne opération est réalisée par la liste Europe Ecologie menée par Michèle Rivasi : avec 17,3 %, les écologistes enverront trois députés au Parlement européen. Le MoDem, emmené par l'ex-écologiste Jean-Luc Bennahmias, n'arrache qu'un seul siège avec 7,50 % des voix. Les centristes sont dépassés par le Front national, qui obtient 8,5 % des voix, sauvant le siège de Jean-Marie Le Pen.

- Outre-mer : 
L'UMP retrouve la première place aux élections européennes dans la circonscription outre-mer. Mais, paradoxalement, sa tête de liste Marie-Luce Penchard, tout comme Ericka Bareigts (PS), n'ont pas été élues lors d'un scrutin au taux de participation très faible (23,12 %).  L'ancien député Elie Hoarau (PCR) arrive en tête dans l'océan Indien. Le Néo-Calédonien Maurice Ponga (UMP) est élu dans le Pacifique et le vice-président du conseil régional de Guadeloupe, Patrice Tirolien (PS), en Atlantique, malgré un mauvais score (15,58 %).

Enfin, au niveau européen, les forces de droite arrivent largement en tête sur les 736 sièges :


Groupe politique Nb de sièges Score en %
PPE (Droite) 264 35.9
PSE (Gauche) 161 21.9
ALDE (Libéraux et démocrates, dont Modem) 80 10.9
Les Verts 53 7.2
Europe des Nations (Droite conservatrice) 35 4.8
Gauche radicale 32 4.3
IND-DEM (dont UKIP anglais (14 sièges) et l'élu Libertas) 18 2.4
Autres (dont conservateurs britanniques et tchèques) 93 12.6



Ces élections européennes ont ainsi signifié, nettement, la victoire d'une Europe politique, enracinée et concrète, respectueuse des Peuples et des Démocraties, d'une Europe qui tourne le dos aux technocrates bruxellois. A l'image du programme de Silvio Berlusconi, des conservateurs britanniques, de la CDU-CSU allemande ou encore de l'UMP française. Et la validation de la stratégie européenne de Nicolas Sarkozy qui avait réconcilié les partisans du Oui et du Non à la Constitution européenne lors de la Présidence française de l'Union au dernier semestre 2008.

La deuxième partie du quinquennat commence avec en ligne de mire la nécessité de poursuivre les réformes pour adapter la France aux enjeux de notre temps, mais aussi des élections régionales de mars 2010 qui s'annoncent très compliquées pour la majorité présidentielle avec nombre de ministres têtes de liste, comme ici en région Centre avec Hervé Novelli.

Pour ce faire, il faudra mobiliser et convaincre les électeurs de la droite populaire
qui ont boudé les urnes dimanche dernier (70 à 75% d'abstention chez les ouvriers, les employés et les classes moyennes), qui n'avaient pas fait défaut à Nicolas Sarkozy en 2007 et qui, seuls, pourraient faire basculer les régions détenues quasi-exclusivement par le Parti socialiste depuis 2004. L'enjeu est d'importance. A suivre...

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Lundi 4 mai 2009

Depuis quelques semaines, la mèche sociale crépite. "La situation est révolutionnaire" s'est même cru autorisé à dire "l'opposant" Dominique de Villepin. De sérieux coups de sang, en tout cas, oui. Depuis septembre, on dénombre plus de soixante-dix plans sociaux, et beaucoup résultent de la crise qui frappe le monde avec une violence inouïe en mettant, en France, chaque mois, de 60 000 à 80 000 personnes sur le carreau. Et une petite dizaine ont donné lieu à des débordements inacceptables, du saccage de la sous-préfecture de Compiègne aux séquestrations de cadres : le PDG de Sony à Pontons-sur-l'Adour et de 3M Santé à Pithiviers en mars ; Caterpillar à Grenoble, Scapa à Bellegarde ou encore Molex à Villemur-sur-Tarn en avril où le co-gérant et la DRH ont été séquestrés pendant près de trente heures.

"On commence par des séquestrations et puis...on tire sur George Besse, c'était il n'y a pas si longtemps" : ce jour-là, interviewé sur RTL, Geoffroy Roux de Bézieux, le patron de l'Unedic, d'un naturel plutôt modéré, s'est laissé aller à cette extrapolation osée et excessive en référence à l'ancien patron de Renault assassiné en 1986. Preuve que le climat social se tend et que les foyers de contestation se multplient. Pour autant, la thèse du complot ne tient pas : certes, l'extrême-gauche souffle sur les braises et Besancenot, véritable exploiteur de la crise, tout à sa campagne européenne et son ambition personnelle, rêve du Grand soir. Certes, la gauche radicale infiltre, depuis longtemps, des syndicats sous-représentatifs et met de l'huile sur le feu : le leader CGT des Continental vient de Lutte Ouvrière par exemple. Mais l'unité syndicale constitue un réel atout contre les débordements et le facteur de Neuilly a déjà perdu beaucoup de plumes électorales dans son absurde soutien aux violences de Strasbourg durant le sommet de l'OTAN : tous les baromètres des instituts de sondages montrent une baisse de 5 à 10 points de sa popularité en avril, surtout auprès des sympathisants du Parti socialiste.

Quelles réponses à la crise ? Tenir bon. La mobilisation du 1er mai a faibli (500 000 manifestants contre 2 millions le 19 mars dernier), et le Gouvernement maintient le cap aux côtés de Nicolas Sarkozy qui multiplie les annonces concrètes comme le dernier plan en faveur des jeunes : 320 000 nouveaux apprentis en 2010 (primes à l'embauche et exonération de charges pour les PME) ; 170 000 nouveaux contrats de professionnalisation ; 50 000 recrutements de jeunes stagiaires en CDI ; 50 000 nouveaux contrats initiative emploi,...

Malmené dans les sondages deux ans après son élection, "l'hyperprésident" français Nicolas Sarkozy a adopté une posture de "président-protecteur" face à la crise, tout en continuant de susciter parfois l'irritation. "Comme il est très volontaire et très actif dans une période de grande crise qui inquiète les gens, il incarne une figure du capitaine dans son bateau qui tient le cap et qui est solide", analyse Gaël Sliman, directeur de l'institut de sondage BVA. "En continuant de se mettre en scène dans une posture de "président-protecteur", il se donne des billes lorsqu'il y aura un rebond économique avant la prochaine présidentielle" de 2012, dit-il. Elu le 6 mai 2007, le président français se trouve dans la situation paradoxale d'être impopulaire, mais de n'avoir pas à ce jour de rival crédible en vue d'une nouvelle candidature en 2012. Selon une enquête parue le 4 mai,  63% jugent le bilan de ses deux premières années de mandat "plutôt négatif". Mais les sondages montrent également que, si une élection présidentielle se tenait aujourd'hui, il serait très nettement favori. Et la droite continue de le plébisciter : près de 90% des sympathisants UMP le soutiennent sans complexe.

De manière évidente, les Français lui seront reconnaissants d'avoir tenu le cap. La seule réponse à la crise, c'est davantage de protection et de justice. La protection, ce sont les mesures prises depuis trois mois qui concernent au total près de 10 millions de Français. La justice, c'est la condamnation des salariés casseurs et la fin, pour les patrons voyous, des retraites chapeaux, des parachutes dorés, des stock-options et des bonus, pour une poignée de dirigeants dont l'attitude écoeure les 3 millions d'entrepreneurs qui travaillent dur.

Sans oublier, sans naïveté et fausse illusion, que la France résiste, semble t-il, mieux que beaucoup d'autres pays et bénéficie, comme le souligne si justement Jacques Marseille, d'atouts incontestables pour revenir, plus forte, après la crise :
- des enfants par milliers (« Il n'est de richesse que d'hommes. » Cette maxime, formulée il y a plus de quatre siècles par le philosophe et magistrat français Jean Bodin, n'a jamais été autant d'actualité. Avec un taux de fécondité qui dépasse désormais deux enfants par femme et des naissances qui se sont élevées en 2008 à 834 000, la France compte dorénavant un peu plus de 64 millions d'habitants, le chiffre que l'on prévoyait pour elle en 2015. Une véritable conquête pacifique de l'hégémonie qui devrait renforcer notre influence, sécuriser l'industrie du bâtiment, qui devra construire plus de 500 000 logements par an pendant quinze ans, rendre moins fragile le système de retraites par répartition, alimenter le vivier des créateurs d'entreprises, dont l'âge moyen est de 35 à 44 ans, et assurer la croissance du marché intérieur qui, en dépit de la mondialisation, reste le principal moteur de la croissance. Ainsi, avec 368 milliards d'euros, le chiffre d'affaires du commerce de détail en France devance celui de l'Allemagne (pourtant plus peuplée), qui n'est que de 348 milliards d'euros).
- l'indépendance énergétique (La France possède quatre grands groupes parmi les leaders mondiaux dans le domaine de l'énergie : Total, Areva, EDF et GDF-Suez. Grâce à son parc de réacteurs, elle atteint un taux d'indépendance énergétique supérieur à 50 %, inférieur, certes, à celui des Etats-Unis (71,3 %), mais supérieur à celui de l'Allemagne (39,2 %), de l'Espagne (21,7 %), du Japon (19,2 %) ou de l'Italie (14,9 %).
- un réseau de transports moderne (Sur le plan ferroviaire, le trafic à grande vitesse représente à lui seul la moitié du trafic européen et fait de l'industrie ferroviaire française un leader mondial, avec Alstom, qui devance Bombardier et Siemens. Autant de performances liées à l'excellence des entreprises de travaux publics françaises, qui occupent les trois premières places mondiales avec Bouygues, Vinci et Eiffage. Une vocation largement ignorée de l'opinion publique qui s'inscrit dans une tradition historique et qui, du pont de Normandie au viaduc de Millau, du tunnel sous la Manche aux chantiers titanesques de l'Amérique du Sud, de l'université de Riyad à l'oléoduc de la cordillère des Andes, assure la réputation de l'ingénierie française. Une tradition qui devrait assurer à la France une place de premier ordre dans les grands chantiers du XXIe siècle que seront la rénovation des villes et la mise au point de technologies compatibles avec le développement durable).

- le pain et le vin (Curieusement absentes de la plupart des rapports sur la mondialisation et, bien évidemment, des plans de relance du gouvernement, l'agriculture et l'industrie agroalimentaire françaises sont pourtant les plus performantes au monde. Alors que la Terre va sur ses 9 milliards d'habitants à l'horizon 2050 et que la demande de nourriture va croître, la situation climatique et pédologique exceptionnelle du territoire français, en particulier celle du Bassin parisien, une des plus grandes plaines à blé au monde, une capacité remarquable pour la production de viandes, de lait et de fromages, de fruits et de légumes, et surtout de vin, font de la France la deuxième ou troisième puissance agricole mondiale. En 2008, le solde commercial a été positif de 9 milliards d'euros, alors que le solde commercial de l'industrie automobile a été déficitaire de 3,4 milliards d'euros. A elles seules, les exportations de vin, qui représentaient plus de 30 % des exportations mondiales il y a quinze ans, contre 17 % aujourd'hui, assurent toutefois, chaque année, l'équivalent des ventes de 147 Airbus A320 ou de 273 TGV. Autant dire qu'elles mériteraient plus d'attention et de soutien... Considérée par la plupart des experts comme une activité du passé, l'agriculture est en fait un secteur de haute technologie animée de plus en plus par de jeunes managers agricoles que complète une petite agriculture à vocation écologique et territoriale).
- la culture, arme anticrise (Lieux de réflexion ou d'évasion, les espaces de culture ou de loisirs ne connaissent pas la crise. Selon un sondage réalisé entre le 13 et le 22 octobre 2008, 42 % des Français veulent consommer davantage de biens culturels alors qu'ils dépensent déjà en moyenne 1 025 euros par an en sorties culturelles. Une bonne nouvelle pour une branche d'activité qui réalise plus de 40 milliards d'euros de chiffre d'affaires et emploie plus de 470 000 personnes, soit un nombre équivalant à celui du commerce de l'automobile. Autant dire que si la « marque » France était mieux valorisée, en particulier dans le domaine des industries culturelles, elle gagnerait les points de croissance qui lui ont tant fait défaut ces vingt dernières années. Louvre, Sorbonne, Mont-Saint-Michel, autant de « marques » connues du monde entier et qui représentent des potentiels de revenus insoupçonnables. Comment expliquer autrement le fait que c'est aujourd'hui la France qui enregistre l'une des plus fortes augmentations proportionnelles d'étudiants étrangers en Europe, en particulier chinois, dont le nombre a été multiplié par neuf dans les quatre dernières années ? Pour prendre la mesure de la valeur d'une « marque pays », il suffit de voir comment Barack Obama a su capter la force de la « marque USA » pour redonner espoir à tous ceux qui s'interrogeaient sur l'inéluctable déclin de l'empire américain).
- Destination France (C'est aussi l'attractivité de cette « chère vieille France » qui explique le fait que notre pays détient la première place mondiale dans l'industrie du tourisme avec près de 82 millions d'arrivées de touristes internationaux, en croissance de 4 % par an depuis 2005. Le premier employeur de France, c'est le tourisme, qui assure un excédent de la balance des services de plus de 10 milliards d'euros, emploie près de 2 millions de salariés et pourrait créer entre 300 000 et 600 000 emplois supplémentaires. Dans les vingt prochaines années, on estime à 1 million le nombre de Chinois qui se rendront en France, des touristes qui sont parmi les plus dépensiers au monde. Paris est aujourd'hui la première place mondiale pour l'organisation des foires, congrès et Salons internationaux (294 en 2006 avec plus de 50 000 emplois).
- l'edredon social (Enfin, les Français peuvent s'appuyer plus que d'autres sur l'édredon protecteur d'un Etat qui emploie directement ou indirectement plus de 5 millions de fonctionnaires, dont le nombre, trop élevé en période où il faut lâcher les chevaux de la croissance, est un amortisseur de premier ordre quand il faut réduire la voilure. Avec 31,1 % de dépenses totales de protection sociale en pourcentage du PIB, la France est de loin le pays du monde qui protège le mieux ses citoyens. Devant la Suède (30,7 %), la Belgique (30,1 %), les Pays-Bas (29,3 %), le Danemark (29,1 %), l'Allemagne (28,7 %), l'Autriche (28,5 %), l'Italie (26,9 %) et le Royaume-Uni (26,6 %). Pour donner la mesure concrète du poids de ces pourcentages, il suffit de rappeler que 4,5 % de PIB en plus par rapport au Royaume-Uni, cela représente très concrètement 85 milliards d'euros, soit plus de trois fois les sommes consacrées au plan de relance. A elles seules, les pensions de retraite, qui ne sont pas soumises aux caprices des marchés boursiers, représentent plus de 23 % du revenu des ménages déclaré à l'impôt. Pour certaines régions, comme la Creuse, les Pyrénées-Atlantiques, la Nièvre, le Lot et le Var, elles représentent même plus du tiers des revenus du territoire, ce qui les abrite totalement des effets de la mondialisation et amortit considérablement le choc, minime, des délocalisations. Des sommes qui devraient être rappelées à l'occasion de chaque mouvement social pour montrer qu'il n'est nul besoin de relancer la consommation en France tant l'Etat-providence y pourvoit déjà largement plus qu'ailleurs).

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Lundi 30 mars 2009

L'argent des patrons est devenu un enjeu social. Haro sur les riches. "Les capitalistes, disait Lénine, vendront la corde qui permettra de les pendre". A chaque jour son scandale, dont on ne sait trop s'il faut l'inscrire au compte de l'autisme, du mépris ou de la pure cupidité. En 2006, Antoine Zacharias, parti de Vinci, recevait 170 millions d'€ de stock-options et 13 millions d'€ de prime ; en 2005, c'était Noël Forgeard, le patron d'Airbus, qui touchait 8,5 millions d'€ d'indemnités. Et après eux, Patricia Russo, la directrice générale d'Alcatel-Lucent (6 millions) ou encore Serge Tchuruk (5,7 millions). Sans oublier, la semaine dernière, la Société générale qui annonçait la distribution de 70 000 stock-options au président Daniel Bouton et 3,7 millions d'€ au directeur général Frédéric Oudéa, qui y ont finalement renoncé sous la pression politico-médiatique.

On pensait que la crise aidant, ils avaient compris. Qu'ils s'étaient rendu compte que les bonus faramineux, les stock-options obscènes, les parachutes indécents étaient passés de saison. Comme l'écrit fort bien Alexis Brézet dans le Figaro, "ceux-ci dont la banque a été renflouée par l'Etat se font attribuer, au plus bas, des montagnes d'actions qu'ils pourront revendre au plus haut. Celui-là, dont l'entreprise en capilotade ne doit qu'aux subsides publics d'échapper à la catastrophe, se voit offrir une himalayesque prime de départ pour récompenser ses piteux résultats". La crise a le mérite de rappeler qu'un dirigeant d'entreprise doit être non seulement performant mais exemplaire. Elle rappelle le bien-fondé du sens commun et conduit à s'interroger sur des pratiques discutables. Dans ce cadre, l'annonce du Président de la République d'un décret visant à interdire les bonus des dirgeants des entreprises aidées par les fonds publics va, à l'évidence, dans le bon sens. Mais il faut vite sortir de cette vague folle où l'opinion dit le droit.

Oh, certes, quand la morale est absente, rien ne remplace la loi. Il est absurde aujourd'hui de voir cette minorité dirigeante gagner à tous les coups. Quand ça marche, elle empoche ; quand ça ne marche pas, elle touche bonus et stock-options : comme le résumait efficacement Bernard Tapie, ce week-end, "c'est devenu le seul casino au monde où, même quand on perd, on gagne". Derrière ce concours de goinfrerie, l'immense majorité silencieuse des patrons, propriétaires de leur PME, TPE, PMI qui, jour après jour, nuit après nuit, combattent et se débattent entre impôts, charges, contraintes sociales et paperasserie. Ils déploient des prodiges d'énergie pour convaincre les banques, préserver leurs parts de marché et sauver les emplois.

Comment faire entendre cette vérité quand une poignée d'inconscients jette le discrédit sur tous les autres ? Que répondre au procès fait à Total ou à Thierry Morin, courageux président de Valéo pendant vingt années et sacrifié sur l'autel de l'indignation populaire ? Qu'opposer à cette démagogie antipatronale qui déferle de la Guadeloupe aux rues de la capitale ?

Le système a besoin d'ordre et de justice. Par la réaffirmation des principes et les valeurs de l'exemple.

- Pour les principes : puisque des égarés ont perdu raison, multipliant les profits sans risque, les enrichissements sans cause, les parachutes sans morale, il était temps de voir le politique reprendre le pouvoir et réaffirmer les valeurs du capitalisme familial, de la morale entrepreneuriale et les règles de droit comme d'équité.

- Pour les exemples : ils sont légions, innombrables en France. Les PME sont les poumons magnifiques de notre économie et de nos emplois. Et les raisons d'espérer sont réelles quand on entend Hervé Novelli, le dynamique ministre des entreprises, annoncer le premier bilan d'une excellente recette anti-crise : le statut d'auto-entrepreneur fait un véritable carton. En trois mois, près de 100 000 Français ont créé leur propres entreprises dans des conditions optimales sur le plan administratif comme fiscal ! Sans doute 200 000 d'ici la fin de l'année.

L'argent n'est pas un gros mot. Il doit tout simplement être la conséquence d'un risque, d'un travail, d'un investissement. Tout est là. Et le bon sens avec.

Par gp - Publié dans : vie nationale
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Lundi 16 mars 2009

Un blessé du côté des policiers et onze interpellations, dont un jeune poursuivi pour « outrage et rébellion », voilà le bilan d’une fête à l’arrache lancée sur Facebook à Tours la semaine dernière. Les trois cents « jeunes » ayant répondu à cet appel ont mis le feu à des palettes et à des cartons, en plein cœur du centre ville de Tours, place Plumereau. Pompiers et policiers, prévenus par des riverains, ont alors été accueillis par des jets de canettes, puis de pavés. Ces heures de violence et d’affrontements avec la force publique, s’apparentaient du côté des émeutiers à des « affrontements pour le plaisir de l’affrontement », selon des témoins de la scène. La Nouvelle République parle « d’incidents inédits » à Tours. Certes. Inquiétants et intolérables aussi dans une société dite civilisée. Je le dis d’autant plus facilement que j’ai visionné des images de ces affrontements, disponibles sur les sites de partage de vidéos. 

Ces faits mettent en évidence deux problèmes :

-        L’un concerne la jeunesse d’aujourd’hui, une jeunesse en perte de repères que la société ne parvient pas à intégrer, ni à intéresser. Comment est-il possible que trois cents jeunes, dans une seule ville, puissent s’amuser à mettre le feu, détériorer des biens privés (vitrines et voitures) et insulter des policiers sans revendication aucune ? Je n'aime pas les réponses définitives. Mais quel échec pour notre société, trop souvent incapable de former, d'éduquer, d'épanouir notre génération. Quelle faillite quand les repères sont inversés à ce point ! Laxisme de la facilité quand on n'ose plus punir l'infime minorité violente ! Lâcheté de l'exigence quand on n'ose plus récompenser les plus méritants et mettre en avant les valeurs d'effort, de mérite, de travail et de respect. La génération qui vient s'abime tous les jours un peu plus. Je la connais, j'en viens. Je ne la méprise pas, j'en suis. Je ne suis ni réactionnaire, ni révolutionnaire et je rejette férocement cette double posture archaïque et dangereuse. Favorable à la mesure et au juste équilibre, je m'inquiète pour une génération, à nouveau, sacrifiée. Parfois décérébrée par le "tout vidéo" (Internet, télévision,...). Souvent inculte, sans référence littéraire et culturelle. Ignorant l'esprit critique et proie facile de la société marchande comme de l'argent facile. Et attirée, en quête de sens, par des paradis toujours articifiels : il y a une semaine, M6 présentait, dans Zone interdite, une série de reportages sur la jeunesse d'aujourd'hui. De 15 à 30 ans, le même horizon indépassable : partout, l'excès d'alcool qui gâche le vrai plaisir du vin ; ou la drogue, du cannabis à l'héroïne, qui abîme tous les talents cachés. Responsabiliser la jeunesse, protéger ses droits et lui réapprendre ses devoirs, l'entourer d'une nouvelle exigence sont parmi les grands défis de notre temps. Et, à Tours, dans notre ville, il serait temps d'agir symboliquement sur deux phénomènes : les quelques dizaines de jeunes, ces nouveaux punks bourgeois, qui errent, sans complexe, dans notre ville. Et la faculté des Tanneurs, abandonnée à une minorité de professionnels de l'agitation et de l'extrême-gauche, qui empêchent 7000 étudiants d'étudier malgré le vote démocratique à 70% pour la reprise du travail !  Pendant que Jean Germain, dans une interview à la NR samedi dernier, condamne le blocage et dénonce les agitateurs, j'attends, avec impatience, la réaction de l'opposition municipale parce que je ne peux pas me réjouir d'un silence si pesant sur un sujet si important pour nos étudiants.

 

-        Le second problème est le rôle d’Internet. Bien sûr, il n’est pas question de remettre en cause Facebook, quand ce site se borne à lancer des invitations pour des soirées, et à mettre en relation des gens. Cependant, je crois qu’il est tout à fait condamnable que Facebook autorise le lendemain des faits la création d’un groupe intitulé "Si toi aussi tu t'es cru à Bagdad le samedi 7 mars à Tours !!!". L’administrateur du groupe développe : « Si toi aussi tu as craché de la lacrymogène (sic), si toi aussi tu as eu peur (...) ce groupe est pour toi ! Alors postez vos photos et vidéos, invitez vos amis, et rappelons-nous tous de cette soirée pas comme les autres Déjà 623 membres et 157 commentaires d'internautes ont adhéré au groupe, qui compte également une vingtaine de photos et trois vidéos. Voilà le danger d’Internet et de ses sites communautaires, où en quelques clics un évènement, bon ou mauvais, peut prendre une ampleur inattendue et considérable.

Depuis la semaine dernière, le projet de loi Hadopi fait la Une de l’actualité, le projet de loi vise à réprimer et punir les internautes coupables de téléchargement illégal. Internet, formidable espace de liberté, doit évidemment le rester et il ne faut pas considérer chaque internaute comme délinquant potentiel. Il me semble, toutefois, que la priorité sur Internet est d’encadrer et de trouver des moyens de punir les délinquants réels qui se vantent de leurs exploits sur la toile, et plus largement de veiller en permanence à tous les appels à la haine, à la violence présents sur le web. Il y a sûrement une sorte de « police d’Internet » à imaginer, qui aurait des missions de prévention comme de répression. Règles et repères, tels sont les mots, pour la jeunesse comme pour Internet, à remettre au goût du jour. La gauche a oublié Ferry et Jaurès, les hérauts de l'ordre civique. A la droite, à nous, de porter ces valeurs populaires et essentielles. La loi républicaine ne doit-elle pas s'appliquer partout et pour tous ?

Par gp - Publié dans : vie locale
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Dimanche 1 mars 2009

Alors qu’on entame la sixième semaine de conflit social aux Antilles, je souhaitais revenir sur celui que cette crise a fait émerger au premier plan de la scène politique et médiatique, en outre-mer mais aussi en France. Elie Domota, visage de la révolte ultra-marine, est-il le révolutionnaire rouge, le Che Guevara des temps modernes, le Besancenot des DOM, ou le faux prophète des pauvres ? Un peu de tout ça, évidemment. Les sujets de mécontentement et de manifester ne sont pas irréels ou inventés. Ils existent bel et bien et sont, essentiellement, les mêmes qu’en métropole : pouvoir d’achat, vie chère, stagnation des salaires ; mécontentements sociaux, économiques mais doublés de problématiques historiques, politiques et identitaires propres à la situation de nos départements d’Outre-Mer. Je comprends, en un sens, la colère de nos compatriotes qui se sentent délaissés, relégués, et considérés comme des citoyens de « seconde zone » parce que loin de la métropole, loin des préoccupations de Paris, des débats du gouvernement, des élites françaises. Malgré l'investissement, en 2008 encore, de plus de 16 milliards d'€ pour les DOM-TOM, la gestion de la crise des Antilles par nos gouvernants, fut, à cet égard, éloquente : un secrétaire d’Etat à l’Outre-Mer qui a brillé par son départ symbolisant plus que jamais un « courage, fuyons ! » irrattrapable, un ministre de l’Intérieur et de l’Outre-Mer qui a brillé par son absence, et même un chef de l’Etat, d’habitude si prompt, qui a brillé par sa lenteur à prendre au sérieux le vent de révolte grandissant en Guadeloupe et en Martinique. Si les motifs son valables, les méthodes sont elles, pour le moins scandaleuses. Le leader du LKP refuse de mettre un terme à cette situation pourtant intenable pour tous nos compatriotes d’Outre-Mer : plus d’essence, plus d’école, plus de ravitaillement alimentaire… Au préfet de la Guadeloupe, voix de l’Etat, qui a appelé à la cessation des blocages et la reprise à la vie normale, Elie Domota répond que cet appel est « tout à fait cavalier et irrespectueux »…

Etonnant de la part de celui qui emploie des méthodes violentes, totalitaires et proprement anti-démocratiques pour se faire entendre. Les blocages, les barrages, les intimidations, les pillages et les agressions, voilà ce qu’ont subi les adversaires d’Elie Domota, à savoir la presse d’investigation, le patronat, les non-grévistes… De nombreux reportages à la télévision et à la radio ont démontré ces faits, ces pressions exercées par le LKP. Ainsi témoigne un commerçant cité par le Point « Les hommes du LKP procèdent toujours de la même façon, Ils viennent à plusieurs et expliquent que, si on ne le boucle pas, ce sera ouvert à tout le monde ; bref, c’est rideau ­baissé ou pillage organisé. » Autre exemple, Nicolas Vion, le président de l'importante Fédération des associations des professionnels de l’hôtellerie et du tourisme, avertit : « Domota et ses amis ont un objectif caché : mettre ceux qui ne sont pas d'accord dehors et prendre le pouvoir. C’est un mouvement insurrectionnel qui ne dit pas son nom. » Et le journaliste du Parisien de poursuivre : "certains élus de gauche ne sont pas loin de penser la même chose, soupçonnant Domota, très dur en négociation et tenant un discours radical, de rêver du grand soir et de cacher des convictions trotskistes". On pourra aussi ajouter à cette longue liste les excellents reportages des envoyés spéciaux de France-Info qui ont courageusement illustré, tout au long de cette période, les menaces et intimidations inacceptables dont sont victimes au quotidien les Guadeloupéens, obligés de se taire et de soutenir le LKP sous peine de représailles. Et que dire de l'odieuse situation révélée par la presse et le courageux porte-parole des entrepreneurs Willy Angèle lors des dernières négociations de la semaine dernière : "pendant toutes les négociations, les insultes et les agressions verbales de la part du LKP ont été permanentes. Hier, une escalade sans précédent a eu lieu. En pleine négociation, le Président du Medef a été victime d’une nouvelle agression de la part d’Elie Domota qui n’a pas hésité à sauter par-dessus la table de négociation pour venir le frapper. Tout cela en présence du Préfet qui n’a rien fait et n’a pas dénoncé ces agissements. Seule l’intervention du GIGN a permis au Président de MEDEF de sortir sans coups et blessures. Ces procédés sont inacceptables : tant de la part des syndicats que du Préfet qui est garant de l’intégrité, de la sécurité et du respect de ceux qu’il convoque à la table des négociations. Comment parler de dialogue social et de négociations lorsque l’on laisse s’installer un climat d’insulte et de violence.” Une histoire venue tout droit des méthodes totalitaires de l'archéo-trotskysme !

Alors ce n’est pas un hasard si Olivier Besancenot est venu apporter son soutien à Domota et prendre une leçon de manifestation pour tenter de l’importer en métropole. La presse nous apprend que sous couvert d'anonymat, le collaborateur d'un élu socialiste de l'île lui prête des "visées politiques" avec un programme d'extrême gauche "revanchard".

Des sujets de mécontentements valables mais incarnées par un chef aux méthodes de pompier pyromane et suspecté politiquement de militer en faveur de l’indépendance alors même que 80% des Guadeloupéens y sont opposés, voilà la situation actuelle. Il serait temps que les responsables politiques de droite comme de gauche aient le courage de dénoncer ces inacceptables agissements et réaffirment l'Etat de droit. Les méthodes de Domota constituent une insulte pour la démocratie et le syndicalisme. 

On ne peut pas lutter contre la crise par la violence. C'est l'honneur des Guadeloupéens que de le proclamer. Les inégalités doivent être combattues mais pas au prix d'une véritable "loi de la terreur" pour reprendre l'expression des journalistes locaux. Oui, l'ordre doit être rétabli et l'Etat réaffirmé dans ce département. Cela même qui parait « cavalier et irrespectueux » au petit révolutionnaire Domota.

Par gp - Publié dans : vie nationale
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Jeudi 12 février 2009

Donner au train des idées d’avance, c'est ambitieux, mais pourquoi ne pas juste faire arriver les trains à l’heure ? La SNCF et la communication, c’est une grande d’histoire d’amour, mais d’abord d’humour. Des slogans décalés, un logo qui se transforme en escargot quand on le regarde à l’envers, des agents et des dirigeants dont les réponses frisent souvent l’absurde…  Que penser par exemple, pour prendre le plus récent, de cette « Une » de la NR ? Après une « opération coup de poing », pacifique bien entendu, organisée par le collectif « usagers en colère » pour pointer du doigt et dénoncer les retards de plus en plus fréquents de la SNCF, le Président de l’entreprise publique vient livrer comme réponse aux usagers que la ponctualité sera réglée en … 2016 !

Quel mépris pour tous les usagers ! Pourtant les raisons de la colère sont bien là : retards très réguliers, environ 40 heures de retard cumulé en 2008 et déjà plus de 7 depuis début 2009 pour un abonné régulier de la ligne TGV Tours–Paris (chiffres recensés par le dynamique collectif que vous pouvez retrouver sur http://tgv-tours-paris.blogspot.com). Retards croissants donc, comme les prix qui ne cessent d’augmenter, tandis que les remboursements en cas de retard, eux, fondent comme neige au soleil.

Les politiques de tous bords signent des pétitions, parrainent des associations et organisent des actions pour faire bouger les choses. Je salue ici les initiatives actives du député Michel Lezeau qui veut porter le problème à l’échelle nationale. En témoigne sa lettre au ministre des Transports dont je reproduis ici les passages les plus éloquents : "Les usagers sont à juste titre exaspérés de ces retards et changements d'horaires, notamment du fait d'une communication inexistante de la part de la SNCF. Ce n'est pas aux usagers de subir les dysfonctionnements et les incompétences de la direction de cette entreprise. Je vais, quant à moi, saisir mes collègues afin de réfléchir à un nouveau type de management de cette entreprise archaïque."

Les usagers sont pris en otage entre les dirigeants de la SNCF élaborant des projets à leur insu alors qu’ils sont les premiers concernés et faisant fi des réalités du terrain, les contraintes et les souhaits des travailleurs tourangeaux, et des syndicats politisés d’un conservatisme déconcertant et archïque, multipliant les grèves et les journées d’action. Entre technocratisme et syndicalisme, la SNCF n’est pas une voie d’avenir…


Quelles sont alors les solutions ? Elles ne sont pas « miracles » mais existent bel et bien :

- d’abord organiser des concertations bipartites SNCF-usagers, pour que ces derniers soient associés et participent aux projets de la SNCF. Ainsi, le changement d’horaire d’un train matinal (arrivée à 9H20 au lieu de 9h11) ne serait plus une décision prise unilatéralement, mais en concertation.

- ensuite, faire un effort réel (tellement indispensable !) sur la communication. En cas de retard, de problème technique, de changement de quai, etc… les agents SNCF se doivent d’informer d’une part et de donner des informations fiables d’autre part. Certains diront que cela va de soi, je réponds que cela va mieux en le disant car combien de fois nous donne-t-on de fausses informations, incomplètes et même contradictoires entre les gares de Tours et de Saint-Pierre par exemple ?
- limiter le pouvoir des syndicats en mettant fin au monopole absurde et totalitaire de 1946 et en permettant l'émergence de syndicats d'usagers puissants et indépendants.

Informer plus pour communiquer mieux, voilà le nouveau slogan que je suggère à la SNCF !

Par gp - Publié dans : vie locale
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