Mercredi 11 juin 2008
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Par gp
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La hausse des prix des carburants a eu comme conséquence d’ouvrir le débat sur les bénéfices des pétroliers. Le
Parisien s'interroge : "Faut-il taxer les bénéfices de Total ?" La
gauche a déjà répondu à cette question : invité dimanche du Grand Jury RTL -le Figaro- LCI, Bertrand Delanoë, prenant des airs d’Arlette Laguiller, a reproché à
Total « de se goinfrer». Le député PS Jérôme Cahuzac propose lui que l’Etat oblige Total à verser une partie de ses bénéfices aux Français par l’intermédiaire d’une baisse
des prix à la pompe. Postures politiciennes par excellence. D’abord pour taxer Total, il faudrait créer une
nouvelle taxe par la loi, or il est inconcevable qu’une loi prévoit la taxation des bénéfices d’une seule entreprise ; il ne faut pas oublier que Total ne représente que
20% de la distribution de carburant en France…. Et puis, taxer Total serait faire peser sur l’entreprise une charge qui ne pèserait pas sur ses concurrents. Enfin, on sait que si Total
devait « rembourser » quelques milliards d’euros, cet argent serait ponctionné sur le budget d’investissement et non sur les dividendes des actionnaires. Dans ce contexte existe-il une solution ? Pas de solution miracle bien sûr, mais plusieurs pistes de réflexion.
D’abord, il faut revoir le montant des taxes qui pèsent sur les usagers. Pourquoi une station service Total en Espagne vend le litre de Gasoil 20 centimes moins cher qu’en France ?
Tout simplement parce que l’Etat espagnol prélève 20 centimes de moins par litre que l’Etat français. Il faut ensuite encourager, par des systèmes de crédits d’impôt ou de détaxes, les comportements visant à réduire la consommation de
pétrole : isolations d’appartements, utilisation des énergies renouvelables. Naturellement, il est envisageable que l'Etat encourage les compagnies pétrolières à faire des gestes significatif pour que le coût
du carburant soit moins pesant pour les consommateurs mais cela doit se faire dans la concertation. L'Etat français et sa diplomatie travaillent à ce que Total obtienne de nouveaux
marchés dans le monde, il serait bien normal qu'en retour cette entreprise privée fasse des concessions, mais cela ne doit pas se faire par la contrainte financière, à moins que l'on
souhaite que Total finisse par changer de siège social pour l'implanter dans un pays où il ne sera pas taxé...
L'année dernière, Total a réalisé plus de 12 milliards de bénéfices : il serait juste qu'une partie non négligeable de ceux-ci soient affectés, non plus aux actionnaires dévoreurs de
profits, mais aux consommateurs français épuisés par la baisse de leur pouvoir d'achat. Du bon usage d'un équitable patriotisme économique et d'une saine répartition citoyenne : voici le
chemin à explorer loin des postures politiciennes.
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