Jeudi 12 juin 2008
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Par gp
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Alors même que la France se trouve en plein débat sur l’opportunité de maintenir la durée légale du travail
à 35 heures, les institutions européennes ont visiblement pris une longueur d’avance. Mardi dernier, les 27 ministres de l’Emploi ont adopté un accord qui prévoit d’autoriser les salariés
"volontaires et à titre individuel" à travailler jusqu’à 60 heures. Si le texte doit encore être adopté par le Parlement européen, il n’en demeure pas moins que cet
accord révèle un grand décalage entre les objectifs de l’Union et la situation en France. Le plus étonnant dans l’histoire, c’est que la France a signé cet accord ; mais il semble
que notre ministre Xavier Bertrand ait des complexes sur ce sujet puisqu’il a déclaré le jour même de la signature : « la France n’a pas vocation d’abandonner la
moindre de ses garanties sociales ». Est-ce à dire que la France n’a pas vocation à revenir sur la retraite à 60 ans, sur les 40 annuités, sur les régimes spéciaux, sur les 35
heures ? La droite décomplexée ne doit pas être uniquement un slogan mais bien une méthode de gouvernement pour revenir sur les conservatismes multiples qui gangrènent notre économie
et fragilisent notre pays. Pour une fois que les innovations viennent de l'Europe, que la droite sache en profiter ! A la condition d'imposer de conserver notre souveraineté et notre
liberté dans ce domaine essentiel du temps de travail : ne pas sombrer dans l'ère du tout-travail qui mettrait de côté totalement la vie de famille, refuser les conséquences sur les
hôpitaux puisque cette directive introduit la notion inacceptable de "périodes de garde inactives" qui ne seraient plus comptabilisées comme du temps de travail, garantir un
modèle social européen et la nécessaire protection de la santé des travailleurs,... Profiter des débats européens et des exemples de nos voisins tout en conservant notre indépendance et
notre liberté, tel est le chemin étroit que nous devons suivre pour bâtir une Europe concrète, efficace et proche de nos concitoyens.
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