Vendredi 13 juin 2008
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Par gp
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L’évolution de ce que l’on appelle « le paysage audiovisuel français »
est telle qu’aujourd’hui les émissions politiques se font de plus en plus rare. Il fut un temps où les Français avaient plusieurs rendez-vous politique par semaine sur le petit écran, à
l'image de l'excellente "Heure de vérité". Aujourd’hui, ces émissions sont exceptionnelles et quand elles ont lieu, on y parle davantage des hommes politiques que des Français. C’est
parce que les Français et les réformes dont la France a besoin ont été au coeur de l’émission « A vous de juger » diffusée sur France 2 hier soir que je l'ai particulièrement
appréciée.
L’invité du jour, François Fillon, a fait honneur à la politique en rejetant la « starisation » des hommes politiques et en ne parlant que de politique. Voilà plusieurs
mois qu’on avait pas vu une émission se dérouler avec cette dignité qui convient mieux à la politique que la "peopolisation" ambiante. L’honnêteté veut que je salue la performance du
Premier ministre qui n’est pas tombé dans le piège des questions de bas étages qui n’intéressent que le microcosme parisien. Je tenais donc à saluer ici la « forme » de
la prestation du Premier ministre. Sans oublier de dire que j'ai apprécié, en outre, sa volonté de vouloir faire plier Bruxelles pour obtenir de la flexibilité pour la TVA sur les
carburants, comme je souscris à son analyse sur un éventuel Non au référendum en Irlande, à sa proposition d'aide directe pour les trajets "domicile-travail". Bravo, donc, de nous
avoir permis de sortir de la télé-poubelle qui ne s’intéresse aux hommes politiques que pour parler des petites phrases assassines ou des histoires de cœur des uns et des autres.
François Fillon avait lui-même donné le ton dès le début de l'émission se défendant d'emblée quand on lui demandait si c'était pour ne pas prendre de risque qu'on le voyait
si peu : "le risque, on le prend en faisant des réformes, pas en venant à la télévision". Avant de conclure : "je pense que les hommes politiques ne doivent pas être des
stars. Cette starisation m'a toujours paru dangereuse parce que les Français ont beaucoup d'admiration pour ceux qui brillent le plus sur le plan médiatique, et en même temps un
peu plus de distance et d'interrogation". Au-delà de notre appréciation sur la politique menée, la forme a eu au moins le mérite d'esquisser un début de réconciliation entre nos
concitoyens et la politique.
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