Lundi 16 juin 2008 1 16 /06 /2008 11:26
- Par gp

Les dirigeants de l'Union européenne seraient bien avisés de lire le journal Libération ce matin, Nicolas Sarkozy en tête, lui qui s'apprête à prendre la présidence de l'Union européenne dans quelques jours. Le correspondant à Bruxelles du quotidien dirigé par Laurent Joffrin, le fédéraliste Jean Quatremer, présente courageusement des pistes de réflexion pour rapprocher la construction européenne des opinions publiques. Alors que Paris et Berlin préfèrent parler d'"incident de parcours" à propos du Non irlandais, il apparaît évident, à tous, que le fossé entre les élites de Bruxelles et les peuples européens ne cesse de s'élargir. L'enjeu des mois qui viennent est donc de taille : le projet européen ne peut plus aller de l'avant sans les peuples, ce qui implique plus de démocratie, de transparence et de liberté. Les pistes de travail sont multiples, Libération en relève sept : rendre l'Europe plus attentive aux problèmes quotidiens ; renforcer la légitimité du Parlement européen ; démocratiser la nomination des dirigeants européens ; impliquer davantage les Parlements nationaux ; démocratiser le fonctionnement du Conseil européen des chefs d'Etat et de gouvernement ; permettre une Europe à plusieurs vitesses ; organiser un référendum européen sur les objectifs de l'Union.
Autant de réformes indispensables pour enfin créer l'Europe des citoyens et des peuples. C'est le défi que devra relever Nicolas Sarkozy. Il dispose, là, d'une occasion historique de réconcilier les Européens avec la belle idée d'Europe : davantage de souveraineté, de liberté pour les Etats, davantage de démocratie, de transparence pour l'Europe. L'Europe, aujourd'hui, inquiète parce qu'elle confisque les pouvoirs des Nations en, exemples parmi d'autres, imposant les OGM, autorisant l'importation des poulets chlorés et javellisés, interdisant la baisse de la TVA dans la restauration, supprimant les quotas sur le textile face aux importations sauvages chinoises, accélerant le processus d'adhésion avec la Turquie, ... Et, dans le même temps, l'Europe oublie d'être ce pour quoi elle a été créée et ce qu'attendent d'elle les Européens : l'Europe des grands projets commun à l'instar de la réussite d'Ariane ou d'Erasmus. Pourquoi ne pas mettre en commun nos forces pour être plus efficace en matière d'éducation, d'énergie, de recherche ? Au moment où l'immigration inquiète légitimement les peuples, pourquoi ne pas engager, au niveau européen, une grande politique de co-développement avec les pays du sud pour développer l'Afrique ? Au moment où une grande crise alimentaire menace l'quilibre du monde, pourquoi ne pas mobiliser les grandes Nations agricoles européennes en supprimant les jachères, en aidant les agriculteurs, pour parvenir à l'auto-suffisance alimentaire et permettre de nourrir les pays touchés par la famine ?
Les besoins et les envies de réformes en Europe ne manquent pas ; la volonté des peuples est grande, la responsabilité de nos dirigeants aussi. Le Non irlandais peut sauver l'Europe, un Non alter-européen. Tout est prêt pour qu'apparaisse, enfin, une Europe nouvelle !

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