La
Commission sénatoriale, présidée par la sénatrice PS du Puy-du-dôme, Michèle André, pourrait rendre demain un avis positif pour une loi qui autorisera les mères porteuses en France. Il
s'agit à l'évidence d'un sujet complexe. Qu'en est-il aujourd'hui de ce que l'on appelle la "gestation pour autrui" : c'est le fait de porter le bébé à naître d'une femme qui ne peut pas
être enceinte, soit parce qu'elle n'a plus d'utérus, soit qu'elle souffre de malformation utérine. On appelle ainsi "mère porteuse" les femmes qui prêtent leur utérus pour accueillir un
ovule déjà fécondé avec lequel elles n'ont pas de lien génétique. Cette pratique, autorisée et rémunérée dans de nombreux pays, comme les Etats-Unis, est interdite en France depuis 1994 par les
lois de bioéthique.
Il s'agit à mon avis d'un premier pas dangereux vers la chosification de l'enfant ; à l'instar de nombreux défenseurs de la cause des femmes, la question de la marchandisation du corps de la mère
porteuse, transformée en outil de production, m'inquiète. D'autant plus que l'on sait que de nombreuses compagnies pharmaceutiques voient dans les femmes de nouvelles sources de
profits, notamment comme productrices d’embryons et mères porteuses. Une cinquantaine de couples seraient concernés chaque année selon le rapport sénatorial : dans quelle mesure peut-on légaliser
sur des cas particuliers ? Sans oublier que de nombreux juristes pointent la possibilité d'un conflit entre la gestatrice et la mère.
Sans prétendre juger ou condamner, je considère que dans le domaine de l'éthique, les parlementaires ne devraient légiférer que "d'une main tremblante" en imaginant toutes les dérives
possibles et contraires à l'exceptionnel équilibre porté par la nature et transmis par notre civilisation : la femme est un sujet et non un objet, et les droits de l'enfant ne sont-ils pas
supérieurs aux droits à l'enfant ?