Oui, Jean-François Copé,
le patron du groupe parlementaire UMP à l'Assemblée nationale, a raison : hier soir, invité du Grand Rendez-vous Europe 1-Le Parisien-Aujourd'hui en France, le député-maire de Meaux est
courageusement revenu sur le dérapage d'Olivier Besancenot (qui avait reconnu, la veille, entretenir des contacts avec Jean-Marc Rouillan, l'ancien cofondateur de l'organisation terroriste
Action directe) : "Rouillan est quelqu'un dont les actes de violence extrême ont conduit à des morts d'hommes. (...) Reconnaissez que le lancement d'un nouveau parti d'extrême-gauche par
Besancenot avec Jean-Marc Rouillan, ça fait quand même froid dans le dos" a lancé Copé. Rappelons que Rouillan a été condamné deux fois à la réclusion criminelle à perpétuité pour les
assassinats du PDG de Renault, Georges Besse en 1986 et de l'ingénieur général de l'armement, René Audran un an plus tôt.
Il s'agit, de la part du leader de la LCR, d'une faute politique et d'une provocation d'autant plus forte que Jean-Marc Rouillan n'a manifestement jamais exprimé d'excuses ni renoncé à son
idéologie révolutionnaire et violente. Et Jean-François Copé demande à juste titre des éclaircissements de la part du Parti socialiste dont certaint leaders draguent ouvertement le
facteur de Neuilly dans la perspective des prochaines échéances électorales : peut-on s'allier avec un homme qui flirte dangereusement avec l'ancien terroriste Rouillan qui, selon Alain Krivine,
pourrait en plus adhérer au nouveau parti anticapitaliste fondé ce week-end par les anciens de la LCR ?
Plus largement, il serait temps que la cohorte des petits bourgeois de bonne conscience qui semble avoir de la sympathie pour Besancenot ouvre les yeux sur une idéologie sectaire, démagogique et
profondément anti-républicaine : une idéologie dogmatique et surtout mécanique, au manichéisme absolu, au radicalisme simpliste, qui a de la société, de l’économie et du monde, une vision
tellement réductrice, tellement immobile, tellement unilatérale qu’elle finit par acquérir une dimension paranoïaque.
Remise en cause de la propriété privée comme de la liberté d'entreprendre, dissolution des assemblées remplacées par des citoyens-électeurs et des électeurs-experts, 1000 € par mois pour
tous les jeunes de 16 à 25 ans, blocage des loyers, annulation de toutes les réformes des retraites, retraite obligatoire à 60 ans avec un taux de remplacement à 75 % du dernier meilleur
salaire, régularisation de tous les sans-papiers, droit de vote des étrangers pour toutes les élections, réduction du temps de travail à 30 heures hebdomadaires pour toutes les entreprises, CDI
unique pour tous, interdiction de tous les licenciements, droit de veto des salariés dans les entreprises sur l'organisation et le contrôle des comptes, fermeture de toutes les écoles
privées sans indemnisation, "nationalisation" de la médecine, désarmement des policiers et interdiction des polices municipales, réquisition des richesses, indépendance des Dom-Tom, suppression
de la fonction de Président de la République, légalisation du cannabis, dépénalisation des drogues "dures", gratuité des médicaments et des soins financée par les patrons,... autant de mesures
démagogiques et privatrices de liberté portées par le candidat Besancenot lors de la dernière élection présidentielle.
Facteur à temps partiel du mercredi au samedi, ancien attaché parlementaire d'Alain Krivine, admirateur de Trotsky, professionnel de la politique, Olivier Besancenot est un révolutionnaire
d'extrême-gauche dont l'idéologie est "communiste et trotskiste" comme il l'affirmait lui-même le 22 février 2007 sur France-Culture. "Il a un tel sourire d'enfant qu'il sort tout
propre des bains de sang des révolutions qu'il magnifie" disait de lui Nicolas Domenach, chroniqueur à Marianne, le 29 novembre dernier. Merci donc à Jean-François Copé d'éclairer les
Français sur cette dangereuse imposture.