Jeudi 3 juillet 2008
par gp

Six ans ! Ingrid Betancourt est restée prisonnière pendant plus de six ans dans une jungle sombre et glauque, aux mains de la guérilla marxiste, les Forces armées révolutionnaires de Colombie, organisation barbare de narco-trafiquants. Rarement la dépêche de l'AFP, tombée hier soir à 21h16, n'aura eu autant d'échos dans le monde entier : "Ingrid Betancourt a été libérée". Depuis le 23 février 2002, de nombreux chefs d'Etat, une cohorte de diplomates et une incroyable foule d'anonyme espéraient cette nouvelle. De Jacques Chirac à Nicolas Sarkozy en passant par Dominique de Villepin, nos responsables politiques se sont longtemps mobilisés pour obtenir cette libération, tout particulièrement l'actuel locataire de l'Elysée dont le rôle fut crucial si l'on en croit l'entourage de l'otage franco-colombienne : "Nicolas Sarkozy a eu une influence prioritaire dans la libération d'Ingrid. C'est lui qui a internationalisé le drame Betancourt. Sans lui, nous n'aurions jamais pu donner une telle force à ce combat. Il en a fait un sujet de priorité et a réussi à amener le gouvernement colombien et les pays sud-américains dans la danse des négociations" martèle, depuis hier soir, le premier mari d'Ingrid Betancourt, Fabrice Delloye, le père de Mélanie et Lorenzo.

Il convient, évidemment et également, de féliciter et de remercier l'exceptionnelle action du gouvernement colombien, au premier rang duquel le président Alvaro Uribe, qui ont, d'une main de maître et de fer, obtenu la libération des 15 otages au cours d'une opération de l'armée colombienne qui s'est déroulée en trois temps : infiltration de la guérilla, regroupement des otages, et opération militaire héliportée. Une victoire pour la Colombie et une défaite cuisante pour la guérilla, et la preuve supplémentaire qu'il n'est jamais bon de négocier avec des terroristes. Une victoire aussi pour Ingrid, celle de la liberté et du courage, face à la barbarie des prises d'otages. Comment, pour conclure, ne pas reprendre ces passages de la merveilleuse lettre qu'elle adressait à sa mère il y a quelques mois et que nous avions livrée à votre lecture sur ce blog lors de Noël dernier :

"Mon cœur appartient aussi à la France (…). Quand la nuit était la plus obscure, la France a été le phare. Quand il était mal vu de demander notre liberté, la France ne s’est pas tue. Quand ils ont accusé nos familles de faire du mal à la Colombie, la France les a soutenu et consolé (...). 
Je ne pourrais pas croire qu’il est possible de se libérer un jour d’ici, si je ne connaissais pas l’histoire de la France et de son peuple. J’ai demandé à Dieu qu’il me recouvre de la même force que celle avec laquelle la France a su supporter l’adversité, pour me sentir plus digne d’être comptée parmi ses enfants. J’aime la France de toute mon âme, les voix de mon être cherchent à se nourrir des composants de son caractère national, elle qui cherche toujours à se guider par principes et non par intérêts. J’aime la France avec mon cœur, car j’admire la capacité de mobilisation d’un peuple qui, comme disait Camus, sait que vivre, c’est s’engager. (…) Toutes ces années ont été terribles, mais je ne crois pas que je pourrais être encore vivante sans l’engagement qu’ils nous ont apporté à nous tous qui, ici, vivons comme des morts"
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