Le "Pacte Européen sur l'immigration et l'asile", présenté lundi par la France à Cannes lors d'une réunion des ministres de l'Intérieur de l'UE, vise à organiser une immigration choisie et à mettre un terme aux régularisations massives. Parmi les principales mesures :
- Les Etats membres sont invités à mieux réguler l'immigration familiale en invitant chaque Etat membre à prendre en compte dans sa législation nationale (...) ses
capacités d'accueil et les capacités d'intégration des familles appréciées au regard de leurs conditions de ressources et de logement dans le pays destination, ainsi que, par exemple, de leur
connaissance de la langue du pays.
- Renforcement de la coopération des Etats membres avec les pays d'origine et de transit. Les étrangers en situation irrégulière sur le territoire des Etats membres doivent quitter ce territoire.
Se limiter à des régularisations au cas par cas et non générales, dans le cadre des législations nationales, pour des motifs humanitaires ou économiques. Conclure avec les pays pour lesquels cela
est nécessaire, des accords de réadmission. Lutter avec la plus grande fermeté contre les personnes qui exploitent les étrangers en situation irrégulière (employeurs...).
- Généraliser au plus tard au 1er janvier 2012 la délivrance de visas biométriques. Donner à l'agence Frontex les moyens d'exercer pleinement sa mission de coordination dans la maîtrise des
frontières extérieures.
- Soutien au développement des pays d'origine et de transit ,et partenariat étroit favorisant les synergies entre les migrations et le développement.
Bonne nouvelle pour le concepteur de ce pacte européen, le ministre de l'Immigration, de l'Intégration et de l'Identité Nationale, Brice Hortefeux, dont le texte a
été accueilli favorablement par les pays européens : tous ont salué le travail effectué et la nécessité pour l'Europe de se doter de tels moyens pour endiguer les flux migratoires non
voulus.
Le ministre a en effet su négocier avec chacun des pays membres, et l'on imagine que ce ne fut pas toujours facile. Ainsi l'Espagne, la plus réticente sur le projet, s'est félicitée de
sa contribution. "Il est important que le projet reprenne des éléments du modèle que nous avons défendu en Espagne", a souligné le ministre espagnol de l'Interieur Alfredo Perez
Rubalcaba.
Tandis que M. Schäuble, le ministre allemand s'est chargé de répondre aux détracteurs de ce pacte qui osaient parler de "bunker européen" ou de "forteresse européenne", "Je ne
vois pas des murs autour de l'Europe. On ne transforme pas l'Europe en Blockhaus. Il y a 6 millions d'illégaux en Europe. Il faut lutter contre l'immigration illégale
et encadrer l'immigration légale", a-t-il insisté.
Maîtriser les flux migratoires et organiser une grande politique de co-développement avec les pays du sud constituent, à mes yeux, les deux priorités d'une politique équilibrée,
réaliste et moderne en matière d'immigration. L'Europe se grandirait à promouvoir une vraie politique en Afrique afin de développer ce grand continent. Seule ombre au tableau : l'oubli par
les 27 d'une remise à plat des Accords de Schengen qui privent les Etats de toute politique souveraine en matière de contrôle aux frontières intérieures. Encore un effort, MM. les Ministres !