Mercredi 16 juillet 2008
par gp

A gauche comme à droite, les responsables politiques se sont félicités de la décision du Conseil d'Etat de refuser la nationalité française à une Marocaine portant une burqua. L'arrêt juge que cette femme de 32 ans, mariée  à un Français, et mère de trois enfants nés en France, "a adopté, au nom d'une pratique radicale de sa religion, un comportement en socièté incompatible avec les valeurs essentielles de la communauté française et, notamment, le principe d'égalité des sexes".

François Hollande, le premier secrétaire du PS, a jugé dimanche dernier sur Radio J que cette décision correspondait "à une bonne application de la loi". La veille, Jacques Myard, député UMP des Yvelines, avait annoncé son intention de saisir le premier ministre et le président de l'Assemblée nationale sur "la nécessité de légiférer". Le ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche, Valérie Pécresse, a, elle, estimé sur France-Info que "le principe de l'égalité des sexes n'est pas négociable".

Comme le révèle le quotidien Le Monde, cette affaire met en lumière la présence en France d'adeptes du salafisme, un courant religieux qui prône une pratique rigoriste de l'Islam, censés s'inspirer du mode de vie des premiers fidèles de Mahomet. Le courant salafiste a prospéré en France, comme dans les autres pays européens, pour atteindre un pic à la fin des années 1990. Il s'organise aux lisières de l'islam institutionnel et s'efforce de créer des lieux de prières spécifiques. Le chercheur spécialiste de l'Islam, Olivier Roy affirme que "cette démarche s'apparent à la logique des sectes : un repli dans un ghetto avec un enfermement sur une communauté religieuse. Avec, chez les salafistes, ce paradoxe que l'on se place en situation d'exclusion tout en s'exhibant".

Et, aujourd'hui, dans le Parisien-Aujourd'hui en France, Fadela Amara, secrétaire d'Etat chargée de la politique de la ville, relance la polémique estimant qu'"on est en train de réaffirmer le principe de l'égalité des sexes" après la décision du Conseil d'Etat. "Cette décision est excellente, légitime, particulièrement crédible parce qu'elle se fonde sur les valeurs de notre République", se félicite t-elle. Il sagit d'"un vrai tremplin pour l'émancipation et la liberté des femmes" et "peut dissuader certains fanatiques d'imposer la burqa à leur épouse". "Les courants intégristes qui passent par la fenêtre quand on leur ferme la porte obligent à des mises au point."

Appelant les femmes qui la portent "+les corbeaux noirs+", Fadela Amara affirme qu'"il faut combattre cette pratique obscurantiste qui met en danger l'égalité hommes-femmes". "La burqa, c'est une prison, une camisole de force, ce n'est pas un signe religieux mais le signe visible d'un projet politique totalitariste prônant l'inégalité des sexes et qui porte en soi l'absence totale de démocratie", insiste-t-elle. Pour elle, voile et burqa, c'est "la même chose" car "tout est question de centimètres de tissus". "Je ne suis pas favorable au port du voile qui n'est pas un signe religieux mais, comme la burqa, un signe d'oppression des femmes".

Une unanimité courageuse de la classe politique qui ne doit pas masquer les dangereuses avancées du communautarisme dans la société française. Il était temps que les autorités politiques, administratives et judiciaires réaffirment les principes de la République.

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