Belle année 2009 à vous tous. Belle année 2009 à tous ceux que vous aimez et qui vous entourent. Belle année 2009 à vous, chers
lecteurs, que vous soyez curieux, sceptiques, convaincus, dubitatifs, perplexes, opposants ou enthousiastes.
Belle année 2009 pour Tours, notre ville : jardin de la France, berceau de la langue, terre de la littérature, patrie de la gastronomie, cœur de la médecine, pays de l’art de
vivre, Tours, notre ville, est à elle seule un petit morceau de la France. Je pense à Tours,
la littéraire : à Pierre Jean de Béranger, Tourangeau sous la Restauration, célèbre chansonnier dont le talent lui valurent des obsèques
nationales, à Honoré de Balzac, né à Tours en 1799, rue Nationale, à l’époque rue de l’armée d’Italie, dont le père fut adjoint au maire, écrivain à l’œuvre considérable et monumentale, à
Léopolod Sédar Senghor, agrégé de grammaire et grand humaniste, enseignant le français-latin-grec au lycée Descartes ; je pense à Tours, la
gastronomique : au grand chef Jean Bardet, symbole d’une ville, capitale de gastronomie et des fins gourmets ; je pense à Tours, la
résistante : à Jacques Blanco, résistant tourangeau déporté à Buchenwald, à Jean Meunier, député et fondateur des premiers numéros d’une presse libre ; je pense à Tours,
la médicale : Pierre Fidèle Bretonneau, passionné par la botanique, fondateur de l’école de médecine, père spirituel de ses élèves Velpeau et
Trousseau, qui lutta avec vigueur contre les épidémies de diphtérie de 1816, à Louis Tonnelé, grand chirurgien qui inventa les premières consultations gratuites pour les pauvres au milieu du
XIXème siècle ; je pense à Tours, la politique : Jean Bruley, maire de Tours en 1791, président des sociétés d’agriculture et inventeur des
grandes foires de Tours, à Camille Chautemps, président du Conseil, initiateur à Tours des premiers HLM et de l’éclairage public ; à Jean Royer, figure marquante de notre ville et grand
maire de Tours pendant 36 ans ; je pense à Tours, la culturelle : à Philippe Néricault-Destouches, né à Tours en 1680 et directeur de
l’Académie française, à Victor Laloux, grand architecte, réalisateur de la basilique Saint-Martin, de l’hôtel de ville, de la gare de Tours et de la gare d’Orsay à Paris à la fin du XIXème
siècle, à Jean Carmet, comédien Tourangeau, homme fragile et humble, marquant la France entière dans les Enfants du Paradis ; je pense à tous ces Tourangeaux, anonymes et célèbres qui font
partie de notre patrimoine fameux, à l’exemple de Saint Martin de Tours, soldat romain devenu évêque de Tours, premier symbole des valeurs de solidarité et des valeurs européennes. Belle année
2009 pour tous les Tourangeaux, Tourangeaux de coeur et Tourangeaux de toujours, Tourangeaux de droite, de gauche, du centre et d'ailleurs, Tourangeaux d'hier et Tourangeaux
d’aujourd’hui.
Belle année 2009 pour la France. Pour la justice sociale et les valeurs républicaines.
La justice sociale, car la politique n'est possible que si l'on aime les autres. La justice sociale, c'est
d'abord un regard affectueux et exigeant porté sur les plus démunis et les plus défavorisés d'entre vous, victimes du chômage, des délocalisations, des petites retraites, de la pénurie de
logements, du manque de structures familiales ou de la baisse du pouvoir d'achat. La justice sociale, c'est aussi, bien sûr, la reconnaissance du mérite, de l'effort et du travail, de ces hommes
et de ces femmes, artisans, commerçants, responsables de PME, cadres, ouvriers et employés, qui se lèvent tôt le matin pour créer de l'emploi, de la croissance et faire vivre nos quartiers.
Mais la justice sociale ne peut rien sans les valeurs républicaines, c'est-à-dire sans nos valeurs communes, nos valeurs nationales, qui fondent notre vivre ensemble. Que toutes celles et ceux
qui aspirent à un avenir meilleur, avoir et vivre de son travail, fonder une famille, créer une entreprise, bâtir un rêve, soient exaucés.
Belle année pour l’Etat, non pas l’accumulation de bastilles et de corporatismes, attachés à leurs avantages acquis, mais
l’instrument d’une volonté générale. Le travail, qui n’est pas seulement une denrée rare dont il faudrait répartir les miettes, mais une condition majeure de l’épanouissement de l’homme. Belle
année au fonctionnaire dévoué, serviteur de l’Etat et défenseur d’un vrai service public.
Belle année pour les familles, la famille qui n’est pas l’instrument d’un combat idéologique, mais le ciment de la
cohésion sociale ; la fraternité, qui n’est pas l’assistanat qui consiste à maintenir l’exclu dans sa situation de dépendance, mais qui consiste à rendre à chacun son autonomie, sa dignité, sa
responsabilité. La liberté, la liberté d’expression comme la liberté d’entreprendre.
Belle année pour la méritocratie, qui n’est pas l’égalitarisme, qui n’est pas le nivellement par le bas, mais le droit pour
chacun de progresser, grâce à son talent, à ses efforts, à ses études, de vivre mieux que ses parents ou que ses grands-parents, vivre mieux pour offrir mieux à ses propres
enfants.
Belle année pour la République : pour moi, le modèle républicain s’identifie à la reconnaissance du mérite et de l’effort, à la fraternité, à la
laïcité, et au respect de la vie privée, à la souveraineté du peuple, à la loi comme expression de la volonté générale. La clé de voûte de tout l’édifice, c’est l’autorité, l’humanisme comme la
liberté.
Belle année pour la solidarité nationale et familiale : il peut arriver à chacun d'entre nous d'être, un jour ou l'autre, dans une situation difficile. La solidarité doit continuer à jouer pour qu'une
mauvaise passe ne se transforme pas en exclusion durable. Ceux qui veulent sortir de la précarité doivent pouvoir compter sur l'entier soutien de la collectivité, sans céder, pour autant, à
l’assistanat.
Belle année pour le travail et sa récompense : dans
une société juste, les distinctions entre les citoyens ne doivent pas dépendre de leur naissance, de la couleur de leur peau, ou de leur religion ; l’ascenseur social ne doit pas être un vain
mot, c'est le travail fourni qui doit être le critère de la réussite. Ceux qui travaillent doivent pouvoir conserver le fruit de leurs efforts. Belle année pour tous les entrepreneurs et les
salariés. Belle année aussi à ceux qui veulent se reposer le dimanche car il est sage d'échapper, au moins une fois par semaine, à la marchandisation du
monde.
Belle année pour l’enracinement, l’innovation et le progrès : dans un monde qui change sans cesse, nous ne pouvons pas rester immobiles. Nous devons innover et progresser sans cesse, tourner le dos aux vieilles
recettes et à tous les conservatismes, et nous adapter aux grands défis du XXIème siècle, tout en restant fiers de nos valeurs, de notre identité et de nos
traditions.
Et, en attendant 2010, dans les moments de doute et les jours d'espoir, nous pourrons relire Baudelaire et ses "Fleurs du Mal"
:
" Je veux, pour composer chastement mes églogues,
Coucher auprès du ciel, comme les astrologues,
Et, voisin des clochers écouter en rêvant
Leurs hymnes solennels emportés par le vent.
Les deux mains au menton, du haut de ma mansarde,
Je verrai l'atelier qui chante et qui bavarde ;
Les tuyaux, les clochers, ces mâts de la cité,
Et les grands ciels qui font rêver d'éternité.
II est doux, à travers les brumes, de voir naître
L'étoile dans l'azur, la lampe à la fenêtre
Les fleuves de charbon monter au firmament
Et la lune verser son pâle enchantement.
Je verrai les printemps, les étés, les automnes ;
Et quand viendra l'hiver aux neiges monotones,
Je fermerai partout portières et volets
Pour bâtir dans la nuit mes féeriques palais.
Alors je rêverai des horizons bleuâtres,
Des jardins, des jets d'eau pleurant dans les albâtres,
Des baisers, des oiseaux chantant soir et matin,
Et tout ce que l'Idylle a de plus enfantin.
L'Emeute, tempêtant vainement à ma vitre,
Ne fera pas lever mon front de mon pupitre ;
Car je serai plongé dans cette volupté
D'évoquer le Printemps avec ma volonté,
De tirer un soleil de mon coeur, et de faire
De mes pensers brûlants une tiède atmosphère."