Le candidat
l'avait promis, le Président l'a-t-il fait ? Nicolas Sarkozy fait-il ce qu'il dit et dit-il ce qu'il fait ? A travers ces questions, il ne s'agit pas ici de procéder à un recensement
exhaustif de toutes les mesures faites pendant la campagne présidentielle, ce travail étant déjà réalisé avec sérieux et précision par de nombreux sites, à l'aide de baromètres en tous genre
et de notes à tout va. Après avoir choisi notre candidat à l'aide d'un bulletin de vote, l'on se plait à remplir le bulletin de notes du Président. La question du bilan du Président de la
République mérite d'être posée, et peut être analysée selon trois échelles : son action sur la scène mondiale, son action au niveau européen et son action en
France.
Enfin, à
l'échelle de la France. Que de changements depuis mai 2007 ! Entre le Nicolas Sarkozy bling bling qui collectionne les Une de la presse people (il a lui-même reconnu "avoir
commis des erreurs" au début du quinquennat - le Nouvel Observateur, 2 juillet 2009), et le Président si efficace et si volontariste qui enchaine les réformes à un rythme effréné et qui
parcourt le monde et la France à la recherche de solutions concrètes aux problèmes de nos compatriotes ! Que de changements aussi avec ses prédécesseurs à tel point qu'aujourd'hui, la
principale critique émise par l'opposition à l'égard du chef de l'Etat est « de trop en faire »... Que de changements enfin avec le passé. Nicolas Sarkozy avait promis d'être le candidat de la
rupture, qu'en est-il vraiment ? Promesses tenues pour la modernisation des institutions, le soutien aux PME et au monde de l'entreprise, la baisse de la TVA, la relance du pouvoir d'achat, une
gestion plus ferme des flux migratoires, la réforme de la justice, la baisse de la fiscalité, l'autonomie des universités ou encore du service minimum à l'école et dans les transports.
Promesses tenues pour la vie politique en générale qui passe par l'ouverture, la prise de risque, la volonté de bousculer les lignes ou encore l'instauration de la culture du résultat. Un
bémol toutefois : Nicolas Sarkozy n'a pas rompu avec l'idée fausse pourtant largement répandue selon laquelle la culture serait de gauche. Et ce n'est pas la nomination de Frédéric Mitterrand qui
rétablira l'équilibre. Ce dernier a pris la défense du rappeur Orelsan et de sa chanson « sale pute », le comparant à ...Rimbaud ! Peut-être que le nouveau ministre de la Culture fera ériger une
statue d'Orelsan, comme son oncle François, alors Président de la République l'avait fait pour l'auteur des Illuminations et du Dormeur du Val....
Il reste un peu plus d'une moitié de mandat pour Nicolas Sarkozy pour poursuivre sa politique et
compléter les réformes indispensables à notre pays. A ses côtés, nous devons soutenir la majorité présidentielle pour développer une politique forte et courageuse fondée sur deux piliers
fondamentaux : la politique de l'ordre, c'est-à-dire des valeurs, des repères, de l'autorité, du mérite, du travail, de l'effort, des convictions et la politique du
mouvement, c'est-à-dire l'innovation, l'ouverture, le dialogue, la réforme, l'indulgence, le respect, l'action.
Deux piliers - ordre et mouvement - et un fil directeur : du sens, c'est-à-dire le Bien commun, l'intérêt général, la France. La "chose publique" ne saurait être assignée à une
technologie du pouvoir aux mains des importants, des habiles et des rusés. Il lui faut, au contraire, s'enraciner dans l'existence et le réel, et la féconder pour lui donner du sens.
Comme l'écrit Vincent Peillon, député européen socialiste et agrégé de philosophie, dans son passionnant "Jaurès et la religion du socialisme", citant le député des mineurs de Carmaux : "
le courage , c'est d'être tout ensemble, quel que soit son métier, un praticien et un philosophe".
Le défi de demain, le nôtre, c'est de retrouver l'inspiration, le souffle, la flamme qui font tant défaut aujourd'hui où nul n'ose plus tracer la perspective au-delà de l'horizon court des
conjoncturistes, comme si nous étions réduits, dans nos mobiles, nos motifs, nos élans, nos envies, nos désirs, à la sèche prudence des juristes, à l'économe froideur des statisticiens, à la
pesante et prétentieuse tristesse des administrateurs. Politique et mystique, comme le proclamaient Jaurès et Péguy, sont inséparables. A l'aube d'un siècle nouveau, le Président doit tracer un
chemin, développer un élan et offrir une espérance !