Lundi 24 août 2009 1 24 /08 /2009 16:31
- Par gp

 

Même la gauche n'en revient pas et salue l'intelligence d'un tel rassemblement ! Dès le 14 août, sur France-Info, l'un des patrons du PS, le secrétaire national à l'Economie Michel Sapin estimait que la droite, en s'alliant avec Frédéric Nihous et Philippe de Villiers, "copiait avec intelligence ce que le Parti socialiste avait fait aux précédentes élections régionales. La droite a une stratégie intelligente, celle du rassemblement dès le premier tour. C'est ce que nous avions d'ailleurs fait aux dernières élections régionales et ça avait été une des causes, peut-être même la cause principale, de notre très grande victoire. (...) Aujourd'hui, la gauche, elle, n'est pas exactement dans la même situation, elle a plutôt tendance à se disperser, et la dispersion du premier tour, c'est assurer à la droite d'être en tête partout au premier tour, donc il faut réagir".


En plein coeur de l'été, Nicolas Sarkozy a frappé un grand et joli coup. Après avoir révolutionné le corpus idéologique de la droite lors de la campagne présidentielle de 2007 autour des deux principes de l'ordre et du mouvement (cf. post précédent), le Président de la République a rénové l'assise électorale de la droite : un grand parti, l'UMP, véritable corps central, fort de ses quelques 300 000 militants, de ses milliers d'élus locaux, ou encore de ses 500 parlementaires, dont il a fait une puissante machine autour de laquelle gravitent de nombreux satellites plus ou moins puissants qui ont valeur de symbole autour d'un concept très mitterrandien, l'ouverture. Ouverture à gauche et au centre dès le début du quinquennat : Eric Besson et Jean-Marie Bockel au gouvernement, tout comme Hervé Morin ou Michel Mercier ; ouverture à droite au lendemain des européennes au président du Conseil général de la Vendée et aux chasseurs.

La carte politique française s'est donc considérablement simplifiée ces dernières semaines autour de cinq blocs :
- l'ultra-gauche (LO, NPA,  et le PC comme le Parti de Gauche de Jean-Luc Mélanchon qui hésitent encore entre l'extrême-gauche et les accords avec les PS) - 12% aux européennes de 2009
- la gauche (PS, PRG (malgré l'éventuelle entrée au gouvernement du radical corse Paul Giacobbi), et les Verts) - 33% aux européennes de 2009
- le Modem (qui, selon Marielle de Sarnez lors de l'université de Vincent Peillon le 22 août dernier, pourrait intégrer une maison commune des opposants à Nicolas Sarkozy) - 8,5% aux européennes de 2009
- la droite (UMP, Nouveau Centre, Progressistes, Gauche Moderne, Parti Chrétien-Démocrate, Radicaux, Droite libre, souverainistes et CPNT), sans oublier Nicolas Dupont-Aignan qui, avec Debout La République, reste indépendant du parti présidentiel et pourrait tirer avantage de son positionnement, à l'image de Jean-Luc Mélanchon à gauche, en s'appuyant sur son score des européennes (près de 300 000 suffrages) - 35% aux européennes de 2009

- le FN qui revient, avec Marine Le Pen, sur la ligne ni droite, ni gauche du parti des années 1990 avec des thématiques plus sociales qu'identitaires, comme les observateurs l'ont souligné lors de la campagne municipale d'Hénin-Beaumont - 7% aux européennes de 2009

"Au PS, serions-nous les derniers sectaires ?" s'interrogeait le brillant Vincent Peillon dans les colonnes du Parisien le 14 août dernier. Et d'ajouter : "toutes les grandes victoires politiques ont supposé l’invention d’un nouveau système d’alliance. Cela a été le cas pour François Mitterrand, qui a su imposer à la SFIO mourante le processus d’Epinay, l’union avec le PC, ou pour Lionel Jospin avec la gauche plurielle. Aujourd’hui, nous devons construire avec tous les républicains de progrès une nouvelle alliance majoritaire qui va des communistes au MoDem. (...) L’espoir est là.
Voyons ce que fait Nicolas Sarkozy qui, après avoir manié les thématiques du Front national et ouvert à gauche, va chercher les chasseurs et Villiers. Enfin quand même ! Est-ce que nous serions les derniers sectaires et dogmatiques ? Nous nous laisserions voler l’unité et le rassemblement ?"

Contre tous les sectarismes et les étroitesses d'esprit, et autour d'un projet de société solide et visionnaire, l'unité et le rassemblement sont toujours des valeurs positives. Comment, en effet, ne pas applaudir et se réjouir de voir figurer au sein d'un même Comité de la majorité présidentielle des personnalités aussi diverses et variées que Jean-François Copé, Eric Besson, Christine Boutin, Hervé Morin, Philippe de Villiers (pourquoi avoir attendu l'échec des européennes alors que la cohérence et l'efficacité commandaient un tel rapprochement dès le lendemain du premier tour de l'élection présidentielle ?), Jean-Marie Bockel, Jean-Louis Borloo ou Brice Hortefeux ?

Seuls ceux qui n'ont pas confiance en eux ont peur des autres. Moi, je suis assez sûr de mes convictions, de leur actualité, de leur avenir, pour ne pas craindre de larges rassemblements indispensables aux réformes profondes et difficiles que nous aurons à conduire demain !

 

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