Vendredi 4 décembre 2009
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Par gp
Je crois en la laïcité et la liberté religieuse, c'est-à-dire en la faculté pour chacun de pratiquer sa religion ou son absence de religion. Je respecte toutes
les religions et je souhaite que les chrétiens, les juifs, les musulmans, les agnostiques, tous ceux qui croient en Dieu ou qui n'y croient pas, puissent vivre, ensemble, en paix dans
notre pays. Le résultat sans appel du référendum d'initiative populaire organisé en Suisse sur l'interdiction des minarets (57,5% de oui) a surpris les principaux partis politiques français
autant que leurs homologues suisses. D'autant que l'issue de ce scrutin intervient en plein débat sur l'identité nationale et alors que les Français se prononcent eux-mêmes majoritairement contre
les minarets (46% contre 40% pour - dont 55% des électeurs de Nicolas Sarkozy et 60% des classes populaires opposés, selon l'institut IFOP).
Comment ne pas s'étonner, tout d'abord, du flot de commentaires méprisants venus de la classe politique française sur les résultats d'un référendum populaire
dans un autre pays que la nôtre : que je sache, en démocratie, le peuple est souverain ! Ou alors versons dès aujourd'hui dans l'oligarchie du 21ème siècle, dont Daniel Cohn-Bendit pourrait
prendre la tête. Ses propos outranciers appellant les pays musulmans à retirer leurs fonds du pays des Alpes en seraient risibles s'ils n'étaient à ce point irresponsables : ce type
d'attitude mène tout droit au choc des civilisations dont nous ne voulons pas.
Pour autant, n'oublions pas que, si la société française est sécularisée, elle n'est pas devenue sans religion. L'imaginaire national reste pétri de christianisme
: François Mitterrand avait posé devant un clocher pour sa campagne de 1981, "la force tranquille". Et les Français, comme les Européens, ont une réticence à la mondialisation, qu'elle
soit économique, culturelle ou religieuse. Les élites ont sous-estimé cet enracinement, cet attachement à nos traditions et nos coutumes. Elles vivent dans un monde globalisé et oublient que
notre calendrier, nos jours fériés, nos habitudes alimentaires, nos monuments, les cérémonies du mariage civil, nos grands auteurs étudiés à l'école, les noms de nos villages expriment notre
culture judéo-chrétienne, imprégnée de sources athéniennes et romaines.
Quant au minaret, comme la burqua, ne sont-ils pas l'expression dévoyée de l'Islam ? "Le minaret n'est pas une obligation.
C'est une architecture traditionnelle pour appeler à la prière dans les pays musulmans. Il n'est absolument pas nécessaire en France. Il est même déplacé. Dans le climat actuel, le minaret est
perçu comme un défi. Pour éviter de réveiller les peurs et les intégrismes, je milite pour une présence discrète de l'Islam." Visionnaire.
Courageux. Tellement républicain. Qui a donc pu prononcer ces mots ? C'est le représentants des musulmans de Bordeaux, l'imam Tareq Oubrou. Comme l'immense majorité des musulmans de France,
Tareq Oubrou souhaite pratiquer sa religion dans le respect des valeurs de notre pays. Et c'est son droit. Et nous devons tout mettre en oeuvre pour que les musulmans puissent pratiquer en paix
et décemment leur religion. La France s'honore à refuser l'Islam des caves. Elle devrait réchauffer l'âme des gentilshommes, quelle que soit leur religion, en limitant burquas et
minarets.
Comme l'écrit Christophe Barbier, dans l'Express, cette semaine : "il y a un problème avec la religion musulmane et c'est
rendre un bien mauvais service à ses adeptes que de le taire. Il y a un problème musulman à l'hôpital quand une femme est moins bien soignée à cause de l'obscurantisme de son mari. Il y a un
problème musulman à l'école, des cantines aux gymnases, quand les enfants sont inégaux face aux enseignements et que l'unité des classes est menacée. Il y a un problème musulman dans les cités
quand le salafisme s'offre en substitut au modèle et au droit républicains".
Le spirituel est affaire d'individu, il est comme en son jardin dans nos consciences. Par le passé, la monumentalité religieuse fut un enjeu de pouvoir : au XIXème
siècle, les catholiques disposaient de la grande avenue pour leurs églises tandis que les protestants pouvaient bâtir uniquement leurs temples dans les rues adjacentes. Il existe une
appropriation de l'espace public à travers l'architecture. Sortons de ce mauvais jeu. Pour lutter contre tous les communautarismes qui gangrènent l'unité et la cohésion nationales,
faisons le pari d’une France laïque et bienveillante envers la liberté religieuse. A condition que chacun prenne la peine et le temps de s’approprier
l’histoire de notre pays pour s’inscrire dans une continuité. A condition que nos concitoyens qui ont une conviction religieuse acceptent, partout et en profondeur, l'acculturation de leur
religion.
François Bayrou, dans une interview au Figaro de ce matin, le dit avec sagesse : "je suis un croyant qui défend la laïcité
et la liberté religieuse. En même temps, je ne traite pas à la légère la grande peur qui est derrière ce débat : la peur de voir son pays, ses coutumes, ses traditions disparaître sous d'autres
cultures, plus prosélytes. Cette peur doit être apaisée. Cela donne une ligne : les lieux de prière sont un droit de l'homme, y compris les mosquées. Mais ce qui est démonstratif et ostentatoire,
il faut y faire attention (...)."
Sur ce sujet essentiel, François Bayrou est au-dessus des autres, plus juste et plus visionnaire. Plus grand et plus haut, en tous cas, que les pauvres propos de
Cohn-Bendit. Le Béarnais rejoint ainsi Max Gallo qui, dès le début de la semaine, avait aussi bien analysé ces enjeux.
Ainsi, pour la France, pour la République, par respect pour les musulmans de France, affirmons sans cesse, haut et fort, avec courage et conviction, sagesse et
hauteur, que la France ne transige pas avec ses traditions et ses valeurs. C'est la fermeté sur nos principes qui annihilera tous les amalgames odieux qui blessent les
musulmans.
Merci pour votre analyse juste, ouverte mais ferme sur les principes essentiels.
Quelques passages restranscrits ici :
http://www.islamisation.fr/archive/2010/01/08/les-jeunes-ump-favorables-au-financement-public-des-mosquees.html
Bien cordialement.