Lundi 19 octobre 2009 1 19 /10 /2009 16:16
- Par gp
Cinq mois. Cinq mois, c’est court. C’est le temps qu’il nous reste avant le prochain grand scrutin national : les élections régionales de mars. Cinq mois pour que la majorité et le chef de l’Etat se tournent entièrement vers les Français. Pour faire oublier les polémiques parisiennes qui desservent notre action. Le Président l’a bien compris, les électeurs de droite sont déboussolés par les récentes polémiques et les dernières réformes. Et, même si je me réjouis de ce succès pour notre famille politique, ce n’est pas la courte victoire, hier soir, de David Douillet, dans une circonscription très conservatrice, qui inversera la tendance. Aujourd’hui, nos électeurs sont dans le brouillard. Le temps de la campagne présidentielle, le candidat Sarkozy avait courageusement proclamé qu’il fallait en finir avec mai 68. Mais, hélas, en ces temps-ci, à Paris, le pouvoir semble préférer les bobos aux populos, les écolos aux ruraux, les gadgets « hors sol » aux réformes profondes et courageuses. Oh, certes, la critique est facile et l’art si difficile. Mais Nicolas Sarkozy a suffisamment de talent et de volonté pour se remettre en selle. Avec lui, nous devons revenir aux fondamentaux de la campagne présidentielle. Tradition et modernité. Patriotisme et ouverture. Courage et volonté. Et tourner la page. 

- Tourner la page « bobos ». En mai 2007, Nicolas Sarkozy, fraichement élu, obtenait 65% de bonnes opinions chez les classes populaires. Neuf mois plus tard, en février 2008, il n’était plus que 38% à lui accorder une note positive. La faute à la désormais fameuse « people-isation » qui avait eu raison du peuple. Automne 2008, autres temps, autre mœurs. La crise vient frapper les esprits et les économies, mondiale, européenne et française. A la faveur de ce contexte de crise, Nicolas Sarkozy endosse le costume de chef de l’Etat et ne cédera plus à l’appel du people. Il renoue avec le peuple et sa cote remonte en flèche. 

Aujourd’hui c’est une autre tendance qui se dessine : la « boboïsation. » Ou ce qu’Eric Zemmour appelle, lui, la « carla-isation ». Appels du pied aux écolos-bobos, sympathie affichée pour le symbole de mai 68 Cohn-Bendit, et puis les trois affaires Polanski, Mitterrand neveu, Sarkozy fils. Ou comment le microcosme parisien s’auto-promeut, s’auto-émeut et s’auto-défend… Et le peuple de droite ne nous accorde plus qu’à 29%, son opinion favorable (IFOP-JDD, octobre 2009)! 

 

- Tourner la page « écolos ». L’idée, sur le papier, était belle. Diviser pour mieux régner. Faire « monter » les Verts pour « diminuer » les socialistes.  A deux détails près : la manœuvre est cousue de fil blanc (Mitterrand l’a fait avec Le Pen ; Sarkozy avec Besancenot) et surtout il manque cette fois-ci avec les Verts, un élément essentiel : la diabolisation. Car aujourd’hui, qui a peur des Verts ? Les politiques, les médias font assaut de ferveur écolâtre. Yann Arthus-Bertrand et Nicolas Hulot sont les nouveaux gourous. La taxe carbone va sauver l'humanité souligne Alexis Brézet dans son éditorial, Le péril Vert.
Alors dans les faits, la manœuvre devient boomerang, elle se retourne contre ses auteurs : certes, elle permet d’éliminer la gauche d’un second tour à Rambouillet, mais elle fait trembler la droite, au second tour. La circonscription de Mme Boutin n’est conservée que de cinq petites voix d’avance. Comme si les électeurs de droite avaient pris au mot leurs dirigeants. On a donné à l’électeur de droite un permis de voter écologiste, il s’en est servi. Ce sérieux avertissement nous offre l’occasion de redresser le tir : en témoignent les voix dissonantes qui se font désormais entendre, à commencer par celle de Luc Ferry. Dans une chronique très enlevée Monsieur Hulot ou la stratégie de la chauve-souris : de quelle écologie voulons-nous au juste devenir les apôtres ?, l’ancien ministre décrypte avec brio nos choix d’avenir. Il y a deux écologies d’inspirations bien différentes entre lesquelles les politiques devront choisir : d’un côté, une écologie de la peur, dont la logique médiatique fait merveille mais qui rejoint toujours in fine le mythe de la croissance zéro. De l’autre une écologie de la science, intellectuellement plus exigeante, mais qui, seule, est susceptible de nous tirer d’affaire en réconciliant économie moderne et développement durable. » Que n’a-t-on entendu ce discours là plus tôt ? La droite gagnerait tant à se démarquer de l’écologie de gauche idéologique, néfaste, sectaire et autoritaire. Oui, il existe une politique de l’écologie intelligente, ouverte, novatrice, fondée sur la croissance, le progrès et le libre choix !

 

- Tourner la page des mesures-gadgets « hors-sol », ces réformettes, médiatiques à Paris mais jugées dramatiques par le peuple, qui séduisent l’Ile-de-France mais pénalisent le reste de la France. Ainsi en est-il de la taxe carbone, jugée comme une mauvaise chose par 59% des Français, de la cagnotte pour récompenser la … présence scolaire à laquelle 69% des sympathisants de droite sont opposés, ou de la nomination de Jean Sarkozy, un non-sens pour 64% des Français. Ajoutons à cela la réforme des collectivités territoriales qui passe mal, auprès des grands élus (c’est se foutre du monde dixit Alain Juppé) comme des « petits » élus locaux, sans porte-parole, qui voient leurs territoires ruraux abandonnés.

Les motifs d’inquiétude sont là. Mais les signes de redressement aussi ! Nicolas Sarkozy est excellent quand il choisit le chemin de la France, le chemin d’une droite républicaine, populaire et sociale. Excellent quand il se rend en visite surprise à Gandrange. Excellent quand il déclare avec fermeté dans le Figaro : « Il ne faut pas confondre le climat du milieu médiatique, qui est par construction politisé et agité, avec la réalité de la société française qui attend du gouvernement qu'il apporte des solutions concrètes aux problèmes des Français ». Ne pas confondre, certes, mais surtout ne plus donner l’impression d’accorder plus de valeur à la société médiatique qu’à la réalité politique. Alors, oui, apporter des solutions concrètes aux problèmes des Français, c’est la ligne qu’il faut continuer à se fixer.  Et ne plus s’en démarquer.  

Sauvés par le nouvel ordre médiatique où une nouvelle polémique chasse l’autre plutôt que s’y superpose, Nicolas Sarkozy et nous tous, Français de droite, nous devons tirer les leçons de ces dernières semaines.

Oui, nous estimons, et soutenons sans réserve, le Président quand il se veut réformateur, audacieux, ouvert d’esprit, fermé au politiquement correct, briseur de tabous, fonceur à l’international, solide au national ! 

Les Français veulent un Président qui avance, qui réforme, qui parle aux Français. Un Président politique. Un Président qui soit la France.

 

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